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Le patrimoine industriel

Les glacières de Sylans

Les glacières de Sylans

Le premier document mentionnant l'usage de la glace est une chanson chinoise du Vème siècle.
Au temps des Romains, les aliments, comme le poisson, étaient transportés jusqu'à Rome dans de la glace et des fourrures.
Le commerce de la glace apparait au XVIème siècle.
Puis au XIXème siècle les glacières privées sont remplacées par les entreprises commerciales. Inventé en 1876, le réfrigérateur mit fin progressivement à la glace naturelle.

Sylans est un lac situé près de Nantua alimenté par le ruisseau de Charix. Une bulle du pape Eugène III le nomme dans une confirmation de privilèges à l'Abbaye de Nantua en 1145.
Il est d'une surface d'environ 49 hectares, d'une longueur d'environ 2 kilomètres sur 250 mètres de large et d'une profondeur maximale de 22 mètres. Son eau est d'une pureté car peu minéralisée, eau cristalline qui se teinte parfois en vert. Il est maintenant prisé des pêcheurs pour ses brochets, carpes...
Le site des glacières de Sylans, unique en France, est visible depuis l'autoroute des Titans.

Joackim MOINAT nait à Cerdon le24 mars 1830 à Cerdon, fils de parents propriétaires. A son mariage avec Marie Ermance CURTET  le 20 novembre 1859 il est limonadier à Nantua. Ce  propriétaire du café du Paradis à Nantua, souhaite rafraichir les boissons de ses clients. Il décide donc en 1864, d'extraire de la glace au lac de Sylans, très pur et peu ensoleillé. L'hiver la température descend jusqu'à moins 20 degré l'hiver l'endroit est idéal. Le lac gèle de décembre à mars. La glace peut atteindre entre 15 et 40 centimètres d'épaisseur.
En 1864, il construit une cabane en bois pour conserver la glace extraite. Puis pour la stocker des puits à glace enterrés ou semi enterrés sont utilisés.
La demande explose, l'entreprise florissante, Joachim remplace sa cabane par une plus grande avec des parois isolées.

En 1869, il construit une véritable glacière et aménage un chemin jusqu'à la route Lyon-Genève.
Les bâtiments de la grande glacière, implanté à l'endroit le moins ensoleillé du site, sont impressionnantes : 140 mètres de long, 30 mètres de large et 12 mètres de haut. La capacité de stockage est de 40 000 tonnes, voir 70 000 tonnes. La conservation de la glace est impressionnante ! Celle expédiée fin 1916 est celle exploitée pendant l'hiver 1914/1915.
Il vend son café le Paradis en 1871 et se consacre à ses deux entreprises : le Buffet de la Gare à Bourg en Bresse et la glacière.
La Préfecture de l'Ain l'autorise officiellement à exploiter la glace du lac en 1873.

Les paysans des alentours viennent compléter leurs revenus, ceux du Poizat par le sentier de la Soupe. Suivant l'enneigement, certains après une heure de trajet, les barbes et moustaches blanchissent et gèlent. Ils portent des bottes en cuir avec semelles de bois. Ils travaillent 7 jours sur 7 jours dans le froid. Une petite baraque en bois se situe près de la voie ferrée pour les plus éloignés sur le lac. Les autres mangent dans la cantine des bâtiments.
Le départ du chantier est donné par un drapeau hissé sur le bâtiment principal et la sonnerie d'une corne de brume. Une trentaine d'employés travaillent  toute l'année. L'effectif peut atteindre 300 personnes au plus fort de l'exploitation en 1879.
Les chevaux tirent une charrue à trois socs qui entaillent la glace pour aménager un canal de huit mètres de large. Il permet d'amener les blocs jusqu'au rivage. Des bandes de glace de quatre mètres sont découpées avec la charrue, puis découpées à la scie en bloc. Un homme avec une perche munie d'un crochet convoie le bloc par flottaison vers la berge, où il est récupéré. Là, il est débité, toujours à la scie en bloc d'un mètre carré. Les blocs sont convoyé vers la glacière. Un tapis roulant, activé par une machine à vapeur, monte les pain de glace dans les étages pour être stockés automatiquement en attendant leur expédition.
Les blocs de glace sont expédiés dans des cadres en bois, isolés avec 20 à 30 cm de paille. Puis le conditionnement se fait dans des toiles de jute recouverte de paille.

Le au chemin de fer PLM arrivant de La Cluse pour Bellegarde sur Valserine en 1882, il fait raccorder les rails jusqu'à l'usine en 1883. Deux voies sont exploitées. Cela permet l'envoi de sa production à Lyon, Paris, Toulon et même Alger.

Jean MOINAT vend la glacière de Sylans à la société des glacières de Paris le 17 janvier 1884. Il meurt de maladie le 14 avril 1890 à Nantua.

Les glacières de Paris est fondée en août 1865. L'entreprise se fournit à Sylans, elle connait donc le site.

La production se développe rapidement. Ce sont entre 20 et 30 wagons de 10 tonnes qui quittent Sylans chaque jour. Ils sont acheminés de nuit. La perte est inévitable ! Sur 10 tonnes de glace seules 8 arrivent à Paris.
De 1869 à 1900, les bâtiments en bois disparaissent, remplacés par 4 glacières en pierres.  Elles sont plus isotherme et limitent le transfert de chaleur.
En 1905 une dalle en béton armé est coulée sans rien démonter. Cette dalle est recouverte de paille afin d'améliorer l'isolation. Des ouvertures coté Nord sont réalisées. A coté sont construits des bâtiments servant de cantine, de poudrière, d'écurie, ateliers et bureaux.

A partir de 1910, l'activité ralentit et décline. les hivers sont moins froid et la glace artificielle fait son apparition. Les hommes sont réquisitionnés pour la guerre. Jusqu'en 1916, l'expédition est limité 2 ou 3 wagons par semaine. L'arrivé du réfrigérateur et le manque d'hommes dans les villages ont eut raison des glacières.

Les glacières de Paris rendent le terrain et les bâtiments aux communes propriétaires et abandonnent le site après une dernière production du 30 janvier au 10 février 1917. Après la guerre, les machines ont été démontées et expédiées.

Il ne reste aujourd'hui que les ruines visitables uniquement à l'extérieur. Il est possible d'avoir une visite guidée sur réservation à l'office du tourisme Haut-Bugey.

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Les Glacières de Sylans en cartes postales

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Le barrage de Chautagne

Le barrage de Chautagne

Cette usine hydroélectrique ne date que de 1979. Elle est située après Culoz en direction de Seyssel.
La centrale est accompagnée de deux écluses en mode semi-automatique.
Le tout est la propriété privée de la Compagnie Nationale du Rhône.

La déclaration d'utilité publique date de 1978, la mise en service en 1982.

Elle est installée sur le canal de dérivation du Rhône, long de 8,7 km, en bras droit du fleuve, et rejoint les îles de la Malourdie. La retenue d'eau remonte de 5 km le barrage.
la chute d'eau est en moyenne de 17 mètres et produit environ 445 millions de KWh

La centrale en béton précontraint, à ciel ouvert, est équipée de deux turbines de type bulle.

Il mesure 83 mètres de long, découpé en 6 travées. Le devant du barrage est composée d'un pont privé  composé d'une chaussée de 3,50 m de large encadrée par deux trottoirs de 1 mètre de largeur et une rambarde en béton. Il mène à l'écluse se trouvant coté Est.

Deux écluses, amont et aval, accompagnent le barrage. Elles mesurent 40 mètre de long pur 5,25 mètres de large.et sont de Gabarit Freycinet.
La hauteur de chute est d'environ 17,30 mètres. L'écluse amont rattrape 10 mètres et celle aval 7,30 mètres. Un bief de 30 mètres de large pour 300 de long et une profondeur de 3 mètres. les sépare.

Les bateliers empruntent ces écluses doivent respecter toutes les règles de navigation,de bonne conduite et leur mode de fonctionnement, il en va de leur sécurité. Les instructions sont afficées et diffusées par messages sonores.

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Le moulin à ciment de Tenay

Le moulin à ciment de Tenay

Tous les automobilistes qui empruntent la montée de Tenay passent devant ce grand bâtiment situé entre la route et l'Albarine.
Au siècle passé un pont permettait de passer sur la rive gauche de la rivière, il a aujourd'hui disparu.

J'ai repris les renseignements trouvés, tant les sites Internet des Archives départementales, que celui des archives Nationales, du livre "au temps d'avant", etc....

Voici un aperçu de la vie de cette usine située au lieu dit "sous Malix" dans les recensements de Tenay. Cette usine est appelée aussi Tacon dans certains ouvrages comme l'industrie des chaux et ciments dans le sud-est de la France (1928).

A cet endroit M. ALLARD de Malix, avait construit un moulin en 1824. Ce bâtiment fut détruit lors d'un éboulement.

M. Philibert BIDREMAN, fabricant de chaux à Lyon Vaise, achète les terrains en 1857, 1859 et celui voisin appartenant à la mairie en amont du pont.
Vers 1858, il signe une convention avec la mairie afin d'effectuer des fouilles, de l'autre coté de la rivière. En ouvrant puits, galeries, cavages, il trouve des bancs de calcaire suffisamment important et de qualité à fabriquer de la chaux. le 28 décembre 1859, M. BIDERMAN dépose l'autorisation, pour un barrage afin d'alimenter les moteurs utilisés au broyage des pierres. Une enquête de 20 jours est réalisée le 09 mars 1861, le 11 mars 1861 et le 09 et 10 juillet 1861. 

Le 19 juillet 1861, il est autorisé par un courrier du maire à la préfecture à établir une usine à broyer la pierre à chaux et à ciment, ainsi qu'un barrage sur l'Albarine.

L'an d'après il construit l'usine contenant huit fours à chaux, un bâtiment servant de cantine pour les employés, et une baraque pour le surveillant.

L'état civil de Tenay, nous apprend que BERTHET Augustin, mineur, âgé de 47 ans, est mort le 12 avril 1861 suite à un éboulement dans la mine de Malix.

Le 20 mai 1863, Mrs LOBEREAU Pierre Joseph, négociant fabricant de ciment à Paris ; MEURGEY Jean négociant fabricant de ciment à Venarey dissolve leur société et forment avec Mrs CHARDENOT Claude Marie, commis négociant à Paris ; EMMERY Charles Denis, négociant à Venarey et PORTERET Henri André Philidor, commis négociant à Paris une société en nom collectif ayant pour objet la fabrication et la vente des ciments et chaux. Le 12 août 1861, une galerie s'effondre provoquant la mort de Augustin BERTHET.
Le 30 mai 1863, la gazette des tribunaux publie l’acte de la création sous seing privé passé à Venarey.
Elle est contractée pour 10 ans à partir du 1er janvier 1863 jusqu’au 31 décembre 1872.
La raison social, signature et la direction générale sont au nom de LOBEREAU et MEURGEY. Les livres de comptes appartiennent aux 4 sociétaires. En cas de décès des deux directeurs la société sera dissoute. Aucun n’habite sur Tenay à la création.

le 21 septembre 1864, la demande d'autorisation de créer un barrage auprès de l'usine à ciment est accordée. La retenue d'eau doit être de 90cm, pour 26 mètres de long. Le barrage est situé à 52 mètres en amont du pont de service de l'usine. Les travaux doivent effectués dans l'année, y compris ceux pour retenir la route et au frais du pensionnaire. Une borne repère est installée sur le coté droit de la rivière. Elle permet de contrôlée le niveau d'eau, tant pour les services publics que les particuliers.

En 1871, la commune signe avec les directeurs une convention d'exploitation pendant 18 ans sur les lieux dits en Cordaret et Fiez, sous la roche d'Hostiaz.

La pierre extraite est chargée dans des wagonnets roulant jusqu'à la sortie de la galerie. Puis chargée dans des caisses pour être descendue jusqu'à l'usine. Cela représente un dénivelé de 100 mètres.

La première mention d’une usine à ciment à Tenay se trouve dans les recensements datés de 1866. LALLEMAND François, commis à la fabrique de ciment, habite avec sa femme et sa fille au lieu-dit le four à chaux, avec un nommé GROSLIER Jean Baptiste employé à la fabrique.

La société MEURGEY-PORTERET-GUINGAT voit le jour à Grenoble le 14/02/1874, avec modification le 25/09/1883, activité : ciment et chaux.

Dans les mêmes sources en 1872, le lieu est nommé Sous Malix : moulin, four à chaux et scie. François LALLEMAND y est cité directeur de l’usine à chaux. Il habite toujours sur place ainsi que ESPIT Frédéric, chaufournier à l’usine ; PIANFETTI Antoine, mineur ; etc.

Le recensement de 1876 est plus précis. Il apparait un aubergiste, un vigneron, le personnel du moulin, de la scierie, et de l’usine à ciment. Le couple JACQUEMET, employé de l’usine à ciment, originaire de la Marne, et leurs 6 enfants habitent le lieu.

Le directeur de l’usine de ciment, recensé en 1896, est PORTERET Henri, 55 ans, originaire de Grenoble, fabricant de ciment. C’est le successeur de la première société créée. Il est marié, a deux enfants Adrien et Joseph âgés respectivement de 29 et 25 ans. Tous habitent sur place à l’usine en 1901 avec une domestique et deux valets de chambre.

Henri PORTERET décède à Tenay en 1901, laissant la direction à Adrien, qui habite à l’usine en 1906. Il a pour gouvernante MASSONNET Marie, originaire de Brénod, qu’il épouse. L'entreprise recherche un tonnelier pour fûts à ciment en 1904.

Le 24 avril 1901, l'ingénieur des mines rend un rapport concernant la carrière. Il signale une très faible quantité de dynamite entreposée dans la mine. Il demande à l'eexploitant de se mettre en règle par rapport à la circulaire du 14 décembre 1900, surtout que la société possède 150 kg de poudre également. Un échange de questions-réponses est réalisé entre le service des mines et le propriétaire. La société propose en janvier 1901 un stockage différencier dans deux galeries aménagées, elle fait remarquer qu'elle utilise en priorité la poudre, que la dynamite ne sert que lors de présence de l'eau. Un cahier existe pour noter l'entrée, sortie des charges explosives, le nom de la personne, la date, le nombre utilisé, etc.  Elle finie par renoncer à entreposer de la poudre et de la dynamite dans les souterrains.

En 1926 la famille PORTERET n’habite plus « sous Malix », mais l’usine fonctionne toujours car trois personnes sont citées « ouvrier au ciment », un camionneur, un manœuvre, employés à l’entreprise de BRARDA Compagnie.
Mme DI CARLO cite, dans son livre le Temps d'avant, que la cimenterie est la propriété de la maison MONDON et Cie entre 1919 et 1924, et qu'elle est rachetée par la S.I.S. en 1926.

En 1931, Victor BRARDA, âgé de 30 ans, est directeur et habite sous Malix avec sa femme et son fils, ainsi que 7 ouvriers, chaufourniers, mécaniciens et/ou manœuvres, et une domestique italienne.

Toujours via les recensements, celui de 1936 prouve que la société BRARDA est toujours là. M. MURIAND Jules y est contremaître, PINGEON Lucien y est restaurateur canier, Mrs CORNELLI et PETTOVEL sont chaufourniers, Mme DESPLANCHE y est employée chez Victor BRARDA.

En 1946 il ne reste qu’un chaufournier à la cimenterie sous Malix, M. COMELLI Alexandre d’origine italienne.  Victor BRARDA est décédé en 1993.

La société a déposé un brevet « Portland artificiel » prise lente. Elle reçoit plusieurs médailles, et participe à plusieurs expositions : Dijon 1856, Besançon 1860, Chalon sur Marne 1861, Paris 1867 et 1878, Oran 1877, Troyes 1880, Hanoï 1887, Epinal 1888.

Cette usine exportait du ciment prompt jusqu'en Alsace.

Un peu de généalogie sur la famille PORTERET

PORTERET André Philidor, fabricant de ciment est né le 12 mars 1840 à Touillon en Cote d'or. Il épouse à Tenay MOLLARD Adèle Adélaïde, ménagère, le 16 juin 1866. Ils divorcent le 15 mars 1897. De leur union naissent deux enfants :

1- PORTERET Jean Marie Adrien  né le 09 février 1867 à Grenoble, décédé le 23 janvier 1926 à Lyon. Il se marie le 07 juin 1906 à Lyon avec MASSONNET Anne Marie Claire (1861-1945), fille d'une famille bien connue de Brénod. C'est lui qui reprend la direction de la cimenterie de Tenay.

2- PORTERET Joseph André Marius né à Grenoble le 28 février 1872, il décède à l'hôpital de Lyon le 05 mars 1923. Il se marie le 25 juillet 1896 à Paris et divorce le 17 février 1902 de GRANDJEAN Laure Emilie Pauline (1878-1948).

Chaufournier : Ouvrier travaillant à la fabrication de la chaux dans un four : extraction de la pierre, préparation du four et alimentation en combustible, fabrication de la chaux, mise en sacs, etc ...

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Le barrage de Génissiat

Le Barrage de Génissiat

Je ne vais pas refaire l'historique de la construction de ce barrage, et des chamboulements terribles pour les habitants du lieu.

Dans la galerie d'image ci dessous vous trouverez le numéro 12 de février 1948 dont 6 pages sont consacrées à la construction du barrage.
Je possède cet exemplaire et je l'ai scanné, ainsi que les cartes postales de 1947 en ma possession pour vous en faire profiter.

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Voici quelques liens, beaucoup d'autres existes, pour parfaire vos connaissances du lieu :

https://www.lescircuitsdelenergie.fr/fr/sites/genissiat/
https://www.entrepriseetdecouverte.fr/visite/cnr-barrage-centrale-de-genissiat/
https://www.leman-sans-frontiere.org/visites-touristiques-autour-du-lac-leman/barrage-centrale-de-genissiat-injoux-genissiat/reportages/visite-guidee-du-barrage-de-genissiat