Ain Bugey Histoire
  • L'Ain
    • Les villages
      • Les festivités
      • L'histoire
      • Les Blasons
      • Les Photos
      • Les Dreffias
      • Les carrières
    • Histoire générale de l'Ain
    • Le Patrimoine
      • Châteaux, manoirs, maisons fortes
      • Les Abbayes et les Chartreuses de l'Ain
      • Le patrimoine industriel
    • Annuaire de liens
  • Généalogie
    • Ma généalogie
    • Bourgeoisie & Noblesse
  • Mes parutions
  • Héraldisme
  • Qui suis-je ?
  • Nouveautés
  • Contact
  1. Vous êtes ici :  
  2. Accueil
  3. L'Ain
  4. Le Patrimoine
  5. Châteaux, manoirs, maisons fortes

Châteaux, manoirs, maisons fortes de l'Ain

Cette page est réservée à la découverte de nos châteaux. Qu'ils soient encore habités, devenus musées, ou en ruines.
Il suffit de se promener dans notre région pour trouver nombre de "châteaux" trônant fièrement au somment d'un pic, d'un village, ou bien complètement ruinés et bien cachés...

Je vais vous les faire découvrir, au fur et à mesure de mes promenades...

Je ne demanderais pas l'autorisation au "châtelain" de voir l'intérieur qui, pour moi, reste du privé.
Si vous êtes propriétaire contactez moi pour prendre des photos de vos demeures, je suis preneur afin d'améliorer et compléter le site.

Pour rédiger les différents articles, j'ai consulté, entres autres :
- les registres de PEINCEDE. Cet homme a étudié, répertorié tous les actes concernant les nobles et les seigneuries détenus par la chambre des comptes de Bourgogne. Les répertoires sont en ligne sur le site des Archives Départementales de Cote d'Or ;
- les écrits de nos historiens locaux comme J. BAUX et ses nobiliaires de Bresse, Dombes, Bugey.... Sans oublier M.C. GUIGUE, S. GUICHENON, etc......
- les Archives Départementales de l'Ain, du Rhône, de Savoie. détentrices des incontournables série B des justices seigneuriales, les séries J...
- sans oublier le formidable travail des bénévoles qui ont participé à la publication des richesses archéologiques et touristiques des cantons de l'Ain ;
- et bien sûr Internet : les sites historiques concernant les châteaux, la bibliothèque nationale de France (gallica), etc....

Avant de vous les laisser découvrir un par un, je vais essayer de vous permettre de faire la différence entre les divers bâtiments, très souvent appelés "château" dans les actes d'archives. Le terme peut désigner aussi bien un château fort, une maison forte, une bâtie, un manoir, une maison bourgeoise, ...
Les premiers châteaux servent exclusivement à la défense des nouvelles seigneuries qui se créent vers les X et XIème siècle.
De grandes familles seigneuriales profitent de l'éloignement des princes de Bourgogne et de leur autorité pour prendre possession des terres. De grandes familles s'installent comme les THOIRE, VILLARS, LUYRIEU, GROLEE, COLIGNY, MOYRIA, etc. Mais également les abbayes : Ambronay, Nantua, Saint-Rambert, Saint-Sulpice, etc.
Ce réseau castral va évoluer à l'arrivée des comtes puis duc de SAVOIE, des luttes avec le Dauphiné, des familles (mariages, partages, absence de descendances, etc.), et des moyens pour l'entretenir.

Au XIIème siècle Les COLIGNY ont Géovressiat, Brion, Montréal La Cluse, ... Les THOIRES sont propriétaires de Jujurieux, Saint Martin du Fresne, Rougemont à Aranc, ... Les VILLARS possèdent La Ceuille, Cerdon, Arbent, Matafelon... 
Au XIIIème siècle Les COLIGNY règne sur Chazey/Ain, Sainte Julie, Saint Germain, Varey, Briord, Neyrieu.... Le Duc de SAVOIE seigneur de Pontd'Ain, Ambérieu, Rochefort, Seyssel, le Valromey, .... Les LUYRIEU sont établis à Culoz (Montvéran), Réoux....
Au XIVème Les BELMONT sont installés à Hostel , les LABALME à Montaigre, Prangin, etc...Les MONTFALCON à Flaxieu,... LA BALME à la Balme sur Cerdon, Les MOYRIA à Maillat.....

A partir du XVème les seigneuries n'ont plus besoin d'avoir des châteaux défensifs. Les ducs de SAVOIE vendent les propriétés et demeures aux seigneurs locaux. Les châteaux s'embellissent et deviennent des demeures bourgeoises et raffinées ou disparaissent....

Dans l'Ain nous trouvons toutes les sortes de constructions, à savoir :

Le château fort

Celui ci est signe de puissance et de défense. Il possède des fortifications et se situe sur un pic rocheux ou une motte castrale (butte de terre naturelle ou  construite). Au début simple tour avec une basse cour comportant des bâtiments agricoles et du personnel. Ils sont nommés castellulm en latin dans les textes.
Cette tour évolue en un ou des bâtiments fortifiés, toujours à des fins défensives entre le XI et XIVème siècle. Dans les terriers nous trouvons le terme de castrum.
Le château fort est donc un ensemble fortifié d'une seigneurie. Il se compose d'un donjon défensif et d'un logis, entourés de murailles avec fossés. Il est habité soit par la famille noble seigneur du lieu soi par le châtelain.

La maison forte

Ce n'est ni un château, ni une maison. Très souvent ce bâtiment est constitué d'un logis et une tour, le tout fortifié. Elle n'est pas construite comme le château au somment d'une butte, d'un pic afin d'avoir une vue éloignée du danger, mais se trouve le plus souvent dans un village. Elle reste l'apanage du seigneur qui assoit son autorité sur le lieu, mais ce lieu dépend très souvent d'une châtellenie avec un château.

La tour

Les tours étaient en bois ou en pierre, souvent au sommet d'une montagne, colline, etc, afin d'être visible du château fort ou des autres tours formant une limite de terres. Elle pouvait contenir une petite garnison chargée de veiller et prévenir. La tour possède très souvent une cheminée et un puits servant aux soldats.

La bâtie

La bâtie est l'intermédiaire entre le château fort et la maison forte. Elle sert de défense, comporte de quoi tenir un siège.. Elle est construite en moins de temps car plus petite qu'un château et avec moins d'argent. Très souvent de forme carrée ou rectangulaire elle possède un logis avec deux ou quatre tours.

Le château

Il se différencie du château fort par sa perte du côté militaire et défensif. Ils apparaissent à la renaissance au 16ème siècle. Les fortifications disparaissent, le pont-levis est remplacé par un pont en pierres, la cour fermée prend des parterres arbusifs avec des perspectives, les fenêtres s'agrandissent, etc. L'architecture passe du défensif au confort, au prestige... Apparaissent les fenêtres à meneaux, corniches, moulures, etc....

Le manoir

Le manoir ou gentilhommière est une habitation grande et  riche en raffinement intérieur comme extérieur. Souvent entouré d'un parc, situé près ou dans un village, il est habité par un noble, un riche propriétaire ou industriel. Leur construction commence à partir du 17ème siècle avec des matériaux nobles, souvent ceux d'un ancien château fort.

La maison Bourgeoise

La maison bourgeoise ressemble au manoir dans tous les points, il est donc difficile de faire une différence. Elle est construite entre le 17ème et le 19ème siècle, avec un architecte pour mener les travaux.

Lorsque je ne peux pas faire de photo du lieu vous retrouverez la même photo de ruines.

le château de Longecombe

Le château de Longecombe

Ce château est situé dans le village du même nom. Il fait partie des six seigneuries présentes sur le plateau d'Hauteville-Lompnes. (Cf. mon livre).

La seigneurie fut détenue par la famille de NUCEY qui prit le nom de LONGECOMBE.
Vers 1350 la famille de LONGECOMBE se sépara en deux branches distinctes et à l'avenir bien différent. L'aînée resta seigneur du lieu, habita Longecombe puis Virieu le Grand ; l'autre sera seigneur marquis de Thoy et Peyzieu. L'une comme l'autre servirent les comtes puis ducs de SAVOIE, puis le roi de France et le marquis de THOY le roi d'Espagne.
Cette famille fournit à chaque génération des soldats et des religieux-religieuses. Le régiment d'Infanterie Etranger de THOY est créé en 1690 par Antoine Balthazard de LONGECOMBE, marquis de Thoy. Il fut dissous le 09 octobre 1706, après les campagnes des Alpes, de Flandres, d'Italie, de Flandre, du Rhin...
Fin 17ème, les deux familles étaient ruinées par les services aux armées extrêmement onéreux. Anthoine Balthazard de LONGECOMBE de THOY mis en gage son épée d'argent reçue du roi d'Espagne en récompense.

La terre est détenue au 11ème siècle par les religieux de l'abbaye de Saint Sulpice.
Guillaume de GRAMMONT donne tout ce qu'il possède sur Longecombe à l'abbaye de Saint Sulpice en 1140.
Début du 12ème siècle apparait les premiers seigneurs qui en garderont le nom pour des siècles la famille de NUCEY de LONGECOMBE. Humbert de NUCEY reconnait tenir son fief de cette abbaye en 1247. La seigneurie comprend huit hameaux : Les Grand et Petit Dergis, le Dergis Michaud, les Tellières, Cérage, Chappes et Charabotte.
La première mention du château date du 7 mai 1267, dans la reconnaissance faite par Humbert et Guillaume de LONGECOMBE, pour leur château de Longecombe, des biens à Corcelles, dans la combe de Charabotte.....
A partir de là, le nom de NUCEY disparait pour ne garder que le patronyme de LONGECOMBE.
Le 17 septembre 1297, Pierre de LONGECOMBE, maître des engins du roi, renouvela la reconnaissance de ce simple fief. Amé V lui confère l'entière juridiction sur ses terres, il a donc toutes justices.
Jean de BUENC coseigneur de Longecombe, passe reconnaissance pour la portion de la rivière de Merdaret qu'il possède en 1433.
En 1350 noble Louis de LONGECOMBE déclare tenir en fief la maison forte château, seigneurie en toutes justices de Longecombe.
En 1353 le comte de SAVOIE se bât en pays de Gex. Il lui faut des engins, des tours de bois, des galeries appelées chats, pour l'offensive des châteaux. Les bois furent pris dans les montagnes de Longecombe.
En 1359 Reynaud de LONGECOMBE passe reconnaissance pour ses maisons territoire de Montdelange dans le mandement de Longecombe.
Amédée VIII confirma à Jean de LONGECOMBE toutes justices pour sa seigneurie de Longecombe.
Est-ce Jean qui édifia la chapelle saint Etienne dans la cathédrale de Belley en 1379, ou l'un de ses proche ?

L'abbé de Saint-Sulpice passe reconnaissance pour des biens détenus à Longecombe entre 1428-1434.
Pierre FABRE reconnait posséder des biens sur Longecombe et en d'autres lieux, bien acquit de fut François de LONGECOMBE.
En 1455, Guy et Louis de GRAMMONT passent reconnaissance pour plusieurs héritages acquit à Rossillon, acquit de Reynaud de LONGECOMBE.
Lors du dénombrement des nobles du Bugey du 27 août 1461, Jean déclara tenir son château, granges, places, appartenances, en toutes justices depuis Virieu-le-Grand jusqu'à Longecombe, du comte de SAVOIE depuis 1321.
Pierre RAYMOND, de Billignin, est châtelain de Longecombe pour Jean de LONGECOMBE en 1482.
Le seigneur de Longecombe affranchit Claude MIGUET fils de fut Jean, héritier de fut Claude MIGUET son oncle, et sa descendance le 31 décembre 1654.
Le rapport de l'intendant BOUCHU, en 1666, signalait le château propriété de Daniel de LONGECOMBE. Un acte notarié fut signé en 1616 « en la maison forte du sieur de Longecombe », puis d'autres sans précision entre 1653 à 1698.
Un acte du 10 janvier 1697 nous prouve que Longecombe possède sa propre mesure à grains, comme les seigneurs de Lompnes ou de Corcelles.
La rivière de l'Albarine appartenait également à la seigneurie de Longecombe car il autorise par acte notarial le sieur TROCU à prendre de l'eau pour arroser ses terres. A Charabotte, il existe également deux moulins, un battoir. Ils sont en bail renouvelable.
Une reprise de fief datée du 29 juillet 1770, confirme la descendance directe depuis Pierre, à qui a été inféodé le fief de Longecombe, jusqu'à fut Anthoine Balthazard décédé en 1726.
En 1789 la famille de LONGECOMBE est toujours propriétaire des lieux.

Le château se situait à l'emplacement actuel de la Vierge, au Nord-Ouest du village, au sommet d'un éperon rocheux qui domine la vallée de l'Albarine. Lieu idéal, au sommet d'une butte et au ras de la falaise, pour surveiller et commander le défilé de Charabotte. Ce château surplombant le vide, est construit en demi-cercle et fait face à la tour de Montfalcon, c'est-à-dire au château de Lacoux. Les ruines sont inscrites sur le cadastre de 1838.
Défendu naturellement par la roche à pic, le château était, si l'échelle correspond, d'une longueur de 70 mètres et d'une largeur de 28 mètres. Une double enceinte séparée d'environ 8 mètres le protégeait. Il ne reste aujourd'hui que quelques amas de pierre des anciens murs et une excavation, peut-être vestige d'une tour.

Le château possédait une chapelle sous les vocables de Saint Christophe, Sainte Barbe et Sainte Catherine. Philibert CYVOCT, prêtre curé d'Aranc et recteur de la chapelle, se démît et démissionna de sa nomination de recteur par acte notarié du 04 mars 1711.
Je ne trouve qu'un seul inventaire après décès dans les minutes notariales du plateau d'Hauteville, de Virieu le Grand ou Belley, autres lieux de résidence. Celui-ci ne concerne que le château de Thoy et une maison à Belley, rien sur Longecombe. Il est donc impossible de connaître exactement la disposition de l'édifice, de ses pièces, et de son contenu.

Les ruines du château

Les deux dernières photos datent de 20 ans !

une des photos est prise depuis le sommet du clocher....

[gallery ID=96]

Plan de la seigneurie

La borne de Charabotte

Une borne délimite les seigneuries de Lacoux et Longecombe. Elle est situé au dessus du hameau de Charabotte.
Haute de 33 centimètres, large de 22 et épaisse de 12, elle comporte deux blasons et le millésime 1593.
- côté Est ou levant : « de ….. à deux fasces ondées ….. » ; qui est de LONGECOMBE ;
- côté Ouest ou couchant : « de ….. au chevron de ..... chargé d’un croissant de ….. »  qui est de LUYRIEUX
- et la date de 1593.
Les familles propriétaires sont : pour Longecombe la famille du même nom : de LONGECOMBE et pour Lacoux les de LUYRIEUX. La branche cadette y ajouta une brisure : le croissant au sommet du chevron pour se différencier de la branche ainée.

[gallery ID=73]

La tour de Saint Denis en Bugey

La tour de Saint Denis de Chausson

La colline et son château domine toute la plaine de l'Ain et se situe à l'entrée/sortie de la vallée de saint Rambert en Bugey, route de la Savoie.
Avec une vue sur les châteaux des Allymes et de saint-Germain et les tours de Gy et de Savoie.

A l'antiquité un ouvrage fortifié existe déjà au sommet de cette colline.
Un château est attesté en 1032.
Les recherches archéologiques prouvent qu'un édifice en bois existe sous la bâtie en pierre datée de 1326.
Cette forteresse appartenait aux sieurs de COLIGNY.
Le château fut détruit par l'armée du comte de SAVOIE suite à la bataille de Varey en 1325 et reconstruit en 1326 par le Dauphin du VIENNOIS.
Le Dauphiné arrive dans le royaume de France par cession, puis saint Denis par traité d'échange en 1355 aux comtes de SAVOIE.
Inféodation du fief de Saint Denis de Chausson le 29 juillet 1358 contre 2200 florins d'or du comte de SAVOIE à Girard d'ESTREES.
La seigneurie est revendue par Hugues de GRAMMONT le 3 mars 1375 à Pierre de GERBAIS.
Le 7 août 1377 Pierre de GERBAIS la rend au comte de SAVOIE.
Le 04 juillet 1382 le comte de SAVOIE inféode le fief à Etienne de la BAUME ou de la BALME, confirmé par lettres patentes d'investiture du 13 janvier 1385.
La terre fait retour au duc de SAVOIE par sentence arbitrale suite à un partage entre Guigue de SALLENEUVE, Antoine de LA BALME fils d'Etienne, Françoise de BAZIN épouse Antoine de SALLENEUVE tutrice de leur fils Galéaz, Antoine de LA BALME, Louis de RAVOIRE et son épouse d'Isabelle de LA BALME.
Un Terrier de 1450 tenu par Galinche de SALLENEUVE fils de fut Guy et de dame d'Anthoina LA BALME, il confesse tenir en fief du duc de SAVOIE son château de saint Denis de Chausson, en toutes justices.
Le 19 octobre 1544 Alexandre de SALLENEUVE aliène le fief à Charlotte d'ORLEANS, qui le cède à André de BIGNINS. Sa veuve, le revend à Jacques de SAVOIE duc de NEMOURS.
Ce dernier le revend en 1555 à Nicolas du PRE.
Le 18 juillet 1563 par lettre d'investiture du duc de SAVOIE  confirme BERTHOUX écuyer, baron de Saint Denis et de la Verruquière, suite à la vente de saint Denis pour 320 écus et 300 florins payés le 31 juillet 1559.
Vente par contrat du 29 avril 1573 de la seigneurie de Saint Denis de Chausson par noble Louis de BACHOD à Antoine de CORDON au prix de 1500 écus.
Claude de LA COUX en fut propriétaire, puis la famille d'ONCIEU par héritage de Lancelot de PUGNY. en 1655 François d'ONCIEU en réalise une reprise de fief.
La baronnie est aliénée en 1747 à Claude LECLERC, dont il fait reprise de fief en 1777.
La seigneurie arrive dans la famille de MURAT de LESTANG, propriétaire en 1789.

Saint Denis de Chausson devient saint Denis en Bugey en 1895.
En plus des livres historiques de l'Ain, les registres de PEINCEDE, etc., je conseille la lecture du site de la mairie bien renseigné, et les livres de M. de KERSUZAN, docteur en histoire.

[gallery ID=72]

Le château de Mortaray

Le château de Mortaray

Ce village est un hameau de Saint Alban, comme Boches qui possédait également un château.
Je ne trouve guère de document originaux pouvant étayer mon article. Il me faudra consulter et chercher dans les minutes notariales.

La seigneurie de Mortaray est inféodée en 1350 par Humbert VI de THOIRE-VILLARS à Jean de LA BALME. Ce dernier fit bâtir la maison forte ou château.

Le 20 octobre 1356 Humbert de LA BALME seigneur de Mortaray est cité dans une charte signée dans l’aula basse du château de Douvres. Il hérite des biens de son frère Jean mort sans postérité.
Le 4 février 1491 Guillaume de la BALME et Françoise sa femme, affranchissent divers particuliers du village.

Cette famille posséda le manoir jusqu’au mariage de Marguerite ou Marie de LA BALME, fille de Claude, qui l’apporta en dot à Claude de MARESTE le 18 décembre 1581.

Jeanne leur fille amène la seigneurie dans son contrat de mariage avec Louis de BUSSY, seigneur de Boches.

Les de GRENAUD achète la seigneurie. Elle sera transmise dans l’héritage de Véronique de GRENAUD à la famille de MONTILLET Baron de Champdor.

Elle fut estimée, le 12 juin 1795, 30.300 livres soit environ 495 008 euros.

La maison forte devient la propriété de plusieurs familles successives aux 19ème et 20ème siècle.
Une légende affirme que l'un des acheteurs était croquemort et qu'il acheta la maison avec l'or trouvé sur les défunts...
Un ecclésiastique habita aussi la demeure.

Elle est toujours habitée à ce jour. Je tiens à remercier le propriétaire actuel qui m'a autorisé de visiter l'extérieur de la propriété avec M. Philippe comte de MONTILLET de GRENAUD, descendant des propriétaires, son fils et M. BESSON Jean Paul.

Un article paru dans le Bulletin de la société de géographie de l’Ain (mai à décembre 1893) signale le château de Mortaray transformé en entrepôt de fourrages et de vins.  

VINGTRINIER évoque dans un poème, paru en 1872 dans les vieux papiers d’un imprimeur, la bataille entre les sires de THOIRE-VILLARS et Jean de LA BALME qui fortifia le château sans l'accord de son seigneur.

LE MORTARAY,

O vieux manoir, éveille tes échos !
Un cri joyeux retentit dans tes salles.
Amis, voyez sous le toit d'un héros
S'unir enfin deux bannières rivales.
Chantez, chantez, jeune et beau troubadour,
Et de la paix célébrez le retour.

Près du taureau qui veille à nos remparts (2),
Le cygne étend ses ailes immortelles (3) ;
Le Mortarey, pavoisé d'étendards,
Voit la concorde au sein de ses tourelles.

Thoire-et-Villars, ô noble enfant des preux,
La Baume, ici, baise ta main guerrière ;
De tes vassaux c'est le plus valeureux
Qui se soumet a ta vieille bannière.

O paladin, aimable aventurier,
Ici dépose et ton casque et ta lance.;
Chacun de nous trinquera volontiers
A tes amours ainsi qu'à ta vaillance.
Chantons, chantons, paladins, troubadours,
Nos vieux drapeaux et nos jeunes amours.

Il existe une cheminée avec des armoiries sculptées sur le manteau. Nous n'en n'avons pas la photo.

Je vous laisse découvrir l'extérieur de cette maison forte.

[gallery ID=70]

Le château de Chatillon-de-Cornelle

Les ruines du château sont situées au dessus de la chapelle, au sommet de l'éperon rocheux.
La vue s'étend de tous côtés.

Au 12ème sicle En 1337, la baronnie est propriété des sires de COLIGNY qui accordèrent des franchises et liberté aux habitants du mandement.
En 1305 Humbert de VIEU prête hommage pour Chatillon.
Le dernier la céda le 14 septembre 1337 aux sires de THOIRE-VILLARS.
Humbert dauphin du Viennois inféode les terres à Humbert de THOIRE-VILLARS en récompense et pour la somme de dix mils écus d'or remis au comte de SAVOIE.
Ils prêtèrent hommages aux Comtes de SAVOIE le 16 octobre 1375.
Le 03 mai 1385 Humbert seigneur de THOIRE est l'obligé du comte de SAVOIE pour son château du Barrio en récompense d'avoir rendu le château de Chatillon de Cornelle à Perceval de MOYRIA, fils de feu André.
Perceval de MOYRIA demanda le 03 mai 1395 l'autorisation d'établir des fourches patibulaires pour sa baronnie en toute justice et dernier supplice. Il lui fut accordé trois piliers par Lettres Patentes du comte de SAVOIE le 10 février 1396.
Le comte de SAVOIE par Lettres patentes du 10 février 1586 confirme le titre de baron de Chatillon de Cornelle à Jean Philibert de MOYRIA que sa famille tient depuis plus de 200 ans, les titres ayant brûlés dans l'incendie du château en 1445.
Le 04 juin 1602 Claude de MOYRIA fait reprise de fief et dénombrement de la baronnie ainsi que de Mérignat appartenant à DUBREUL dit de MOYRIA son père.
Le 16 novembre 1675 et 27 novembre 1679 nouveaux dénombrements et reprises de fief par Chrysante de MOIYRA suite au testament de son trisaieul Jean Philibert du 05 janvier 1601.
Le 23 septembre 1709, Jeanne DEMIAZ meurt dans le château de Chatillon, âgée de 70 ans, comme l'atteste l'acte de sépulture sur les registres du lieu. Elle est ensevelie dans le cimetière de Chatillon.

La famille de MOYRIA garda les terres jusqu'en 1760. Claude  Chrysante de MOYRIA-CHATILLON décède en 1742, son épouse Anne TROLLIER hérite de la baronnie. Un inventaire des titres y est réalisé le 01 août 1742.
Parmi ceux ci, le 11 mars 1586 un brevet pour la possession de fourches patibulaires dans toute l'étendue de ses terres.
A son décès Marc Antoine TROLLIER passe reprise de fief le 17 septembre 1776.
La baronnie arriva par achat en 1760 à Joseph ORSEL puis par héritage à la famille MAUPETIT, qui détient toujours la demeure.

Le seigneur avait droit aux fourches patibulaires, elles devaient être situées montée du Grapillon.

Georges MATHIEU trésorier de France, en dresse un aperçu avant la Révolution :
" J’ai vu, longtemps avant la Révolution, un château au village de Châtillon de Cornelle. Il était fort exigu, mais habitable, très mal distribué. Quant au logement intérieur, il a fait pendant plusieurs siècles l’habitation de la maison des MOYRIA-CHATILLON.... Il était physiquement impossible de parvenir en voiture dans ce château, qui était situé au-dessus d’un rocher de la forme absolument complète d’un pain de sucre. Il avait tout au plus dix toises de diamètre (environ 20m) dans sa plus grande largeur, ainsi on peut juger du peu de conséquence de ce donjon. Mr ORSEL de Jujurieux possesseur actuel de cette place l’a fait détruire dans le cours de la Révolution pour en tirer les matériaux et bois de construction, et ce pour éviter qu’il ne fut la proie du vandalisme qui agitait si violemment ce malheureux Département. J’ai remarqué particulièrement dans ce château un escalier en viorbe, dont la taille des pierres des marches était parfaitement travaillée, mais dont l’extrémité de chaque marche qui formait la colonne était cannelée et si bien jointes qu’on aurait dit que cette colonne ne formait qu’une seule pierre (genre de mérite distingué dans ces temps reculés, où l’on ne pratiquait la taille des pierres qu’assez grossièrement)..."

Au quatre coins cardinaux il existe encore des pans de murs. La porte d'entrée du château est encore bien visible. Elle possède le même style de pierre "trouée" qu'à l'entrée du Chatelard de Luyres. Il reste de très beaux vestiges de colonnes et d'un petit mur. Une entrée au ras du sol donne accès soit à une pièce ou une citerne... Les vestiges de ce qui ressemble à une "tour de guet" avec un accès ? au ras du sol...

Le Baron RAVERAT en parle dans les vallées du Bugey en ces termes : "...des ruines imposantes, pittoresques, qui occupent le sommet de la montagne, représentent actuellement le château.... Après avoir franchi l'unique porte d'entrée, dont les embrasures existent encore, ainsi que la naissance du cintre, on pénètre dans une première enceinte, assez vaste pour abriter les vassaux en temps de guerre ; puis dans une seconde enceinte, où se trouvent les ruines elles-mêmes. Des pans de muraille de 60 pieds de hauteur, des croisées, des meurtrières, des fragments d'un chemin de ronde et des créneaux, des encorbellement de tourelles, des pierres cannelées, des colonnes torses, des chapiteaux, des pierres à moulures, des vestiges de portes, des monceaux de décombres, des cavités, des citernes bouchées, une chapelle où l'on dit encore la messe...... Il fut détruit au temps de la révolution ; mais par qui ? dans quelles circonstances ? voilà ce qu'il est difficile de savoir, tant les relations sont confuses à cet égard...."

Encore du travail pour les archéologues ou pour les sauveteurs de patrimoine.....
Je vous laisse découvrir les photos des lieux.

[gallery ID=61]

Le château de Montgriffon

Le château de Montgriffon 

Difficile de savoir si tour ou château il y avait sur cette commune.

Il ne reste que des ruines de murs visibles comme le prouvent les photos prises en 2011 (de Sylvapram wikipédia). Tout est envahi par la nature.

Certains auteurs écrivent, sans donner leurs sources, que le château comportait des remparts, des fossés et un pont-levis.

Humbert de VILLARD signe un acte d’émancipation 1393 pour son fils Humbert, et donation des châteaux de Montdidier et Montgriffon.

La seigneurie appartenait aux sieurs de GRAMMONT depuis au moins 1375 jusqu’à Philippe de GRAMMONT après 1533, date de son testament. Sans héritier son épouse se remaria avec Etienne de FETANS qui devint seigneur de Montgriffon.

C’est la famille de MOYRIA qui en hérita. Ils obtinrent, d’après GUICHENON, toutes justices et la possibilité d’ériger deux fourches patibulaires. Noble Jean Philibert de MOYRIA demande la possibilité d’ériger des fourches patibulaires et piloris pour ses seigneuries de Chatillon-de-Corneille et Montgriffon le 11 mars 1586 (archives de Savoie SA 1039).

Dans PEINCEDE, il existe une reprise de fief et dénombrement ont lieu le 12 janvier 1768 et 09 février 1769 de « la tour de Montgriffon sans justice » pour Joseph REVERDY fils et héritier de son père Louis.

Le 10 mars 1777 une reprise de fief des terres et seigneuries de Chatillon de Corneille, Montgriffon, La Verdatière et la Tour des Echelles par Marc Antoine TROLLIER, héritier de Anne sa femme.

Sur le cadastre des Archives Départementales de l'Ain concernant Montgriffon de 1812, il existe un lieu appelé « les fourches », sur le chemin menant à Corlier et Chatillon. Est-ce la preuve de la toute justice de la seigneurie ? Les ruines du château sont aussi répertoriées au lieu-dit le vieux Montgriffon…

Ce qui voudrait dire que le village s’est déplacé à un moment donné.

[gallery ID=59]

La maison forte ou Tour de GY

La Tour de Gy

Cette maison forte ou Tour de GY fait partie de de saint germain d'Ambérieu.

Son histoire est mal connue par manque de documents la concernant.

Construite vers le XIVème siècle, elle est inscrite au patrimoine le 06 décembre 1984.
Ce fief est la possession de Guillaume de BOLOMIER, maître des requêtes et vice-chancelier de Savoie. Condamné à mort pour crime politique à être noyé dans le lac Léman, le duc de SAVOIE lui confisque la seigneurie, et l'inféode à André de CHEVRON-VILLETTE.
La maison forte arriva à François de LUCINGE, écuyer,. Son fils la lègue à son frère Jean François de LUCINGE. Par son mariage le 01 octobre 1627 avec Renée Isabeau de ROVOREE, elle resta dans cette famille.
Puis François de SUDUYRAND en prit en possession et la lègue le 06 juillet 1731 à Jacques ESTIENNE. Il fait reprise de fief le 14 août 1733.
Dame Marie Anne BOTTU de SAINT FONDS, veuve de Dominique DUJAST, passe reprise de fief le 17 décembre 1748. Puis Pierre DUJAST fait reprise de fief le 15 mars 1769. A le Révolution française la famille DUJAST est toujours propriétaire.

[gallery ID=57]

Le châtelard de Lhuire

Le châtelard de Lhuire se trouve au sommet d'un dôme rocheux, à la croisée des vallées de Saint-Jérôme et de Châtillon-de-Cornelle en venant de Jujurieux.
Trois côtés sont bordés de falaise, le dernier, recouvert de vignes surplombe le village de Lhuire.

Sa présence est attestée en 1343 par une inféodation du comte de SAVOIE à Hugues d'HYERES.
L'acte de vente du 28 février 1483 nous en donne les limites : du côté Nord la juridiction de Varey, du côté de Nivollet l'Abbé de Saint-Sulpice, et pour terminer à l'Est la seigneurie de Chatillon-de-Corneille.
Par mariage la seigneurie arrive dans la maison de SURE.
Le comte de SAVOIE confisque le château à Antoine de SURE dit Gallois condamné à avoir la tête tranchée pour démérite et crime de félonie. Son corps séparé en quatre parties fut exposé à Bourg-en-Bresse, Chambéry, Saint-Maurice et à Moudon, la tête resta à  Thonon. Son complice de CORDON eut la vie sauve.
Il cède "le château, mandement et forteresse appelé le chatelard de Lhuires" à noble Jean de DANIEL par lettre patentes du 26 mars 1436.
Pierre et Guillaume de LYOBARD achetèrent la seigneurie le 28 février 1483.
Une délimitation de la seigneurie a lieu en mars 1586 entre Georges de LYOBARD et Jean Philibert de MOYRIA.
Le 14 juin 1602 Hercule de LYOBARD fait reprise de fief et dénombrement.
Philibert de VARANGES, écuyer, sieur de Saint Amour prend possession de la seigneurie, en toutes justices, le 08 mars 1639 après un achat le 18 novembre 1636 pour 2000 livres tournois. Cette première vente fut annulée et une deuxième eut lieu le 08 mars 1639 au prix de 3000 livres.
La terre de Châtelard est achetée par le capitaine Louis DINET de Chassompière le 31 mars 1640 pour 3000 livres, reprise de fief le 30 janvier 1645.
Un procès eut lieu contre Louis DINET par le seigneur de Varey Philibert de BEAUREPAIRE, qui perdit son procès.
Louis DINET, sieur de Chassompière, vend la seigneurie à Claude MONTILLET le 12 mars 1649 qui passe de reprise de fief le 28 juillet 1653.
Reprise de fief le 02 août 1686 par la Dame Barbe Anthelme ROSETAIN veuve Bertrand de MONTILLET.
Le 02 novembre 1787 Marie Françoise d'ANGEVILLE, veuve Claude Christine de MONTILLET vend au enchère la seigneurie. Le Châtelard est acquis par la famille ORSEL.
A la mort de Joseph ORSEL, Jeanne Marie FERROUSSAT, sa veuve en hérite.
En 1820, François Marie Pierre MAUPETIT en hérite au décès de son oncle : Joseph ORSEL, deuxième du nom.

Une visite a eu lieu en 1640 et collationnée par Claude Christine de MONTILLET en 1770. Elle est conservée dans les archives de la Tour des Echelles à Jujurieux.

VISITE DU CHATELARD EN 1640, retranscription du dénombrement par Antoine JARRET notaire

Premièrement a l'entrée des cours du dit chateau a une grande porte en arcade avec une méchante porte de bois toute rapetassée et en partie rompue avec ses quatre esparres et deux que le dit PITTION y a fait mettre ainsi qu'une grande serrure qu'il a aussi fourni. Le pavillon d'icelle porte couvert a tuiles a crochet. Le colombier étant du côté du vent de la dite porte assez en bon état. La prison dessous est grotton, son plancher est tout rompu et sans aucune porte virant. Du côté du soir du dit colombier et de la basse-cour souloit avoir une sole et un poulailler avec une petite tourelle toute ruinée n'y ayant que partie des murailles avec les portes de pierre. L'étable étant du côté de bise de la dite sole recouvert a neuf, une porte neuve sans serrure, la muraille étant entre le dit estable et un autre establi qui souloit être a présent tout découvert n'y ayant que les murailles prêtes a se ruiner et la dite muraille mitoyente n'étant pas achevée de construire. Du côté de bise du dit establi découvert a une cave sertie dans la dite basse-cour, la porte virant étant toute neuve a un plot et ses esparres en laquelle cave a un plancher tout neuf,dans laquelle n'a que certain marcons et environ un cent de tuiles tant a crochet qu'a coupe. Puis sommes montés de la dite cour en 1 'haute-cour ayant une muraille mitoyenne et une grande porte de pierre sans porte virant et la dite muraille fort caduque. Les parapets soit murailles autour des dites cours fort caduques étant en partie par terre du côté du matin de la dite haute-cour et ayant une palisse de bois chêne. De la sommes entrés par une autre grande porte dans le dit chateau et sommes montés par un escalier étant a la dite entrée tout refait a neuf que le dit PITTION a fait refaire et fait mettre une pierre de taille au jambage de la dite grande porte. La porte virant bonne, serrant a une grande serrure que le dit PITTION y a fait mettre avec les gonds et esparres, et un verrou derrière, et un autre devant. Puis sommes montés quatre degrés et sommes entrés en une chambre étant a main droite de l'entrée du chateau qu'on souloit appeler la chambre de madame par une porte serrant a une méchante porte virant, sans serrure ni clef, dans laquelle chambre souloit avoir un antichambre séparé avec un pareil dais qui est toute rompue. Les carons de deux larmiers étant dans la dite chambre barrés de fer avec leurs portes virant, la cheminée et tralaison assez en bon état, et, du côté de bise de la dite antichambre, a des aisances la porte virant peu de valeur. Puis sommes rendus du côté du vent de la dite entrée et sommes entrés en une chambre qu'on souloit appeler tristin qui est toute ruinée par dedans , étant allumée par deux larmiers dont l'un est muré, l'autre la serrure enlevée n'ayant porte virant. De la dite chambre sommes entrés dans une autre chambre appelée chambre de monsieur étant toujours du côté du soir de la ci-dessus par une porte, laquelle a une méchante porte virant peu de valeur, la dite chambre en bon état sauf la croisée du matin qui est murée, sans serrure ni porte virant, la croisée du côté du soir les portes toutes brisées. Puis sommes entrés dans la cuisine étant du côté de bise de la dite chambre par une autre porte de taille avec une porte virant sans serrure, laquelle cuisine est en assez bon état or le plancher du dessus qui est tout rompu et pourri, n'y ayant rien qui puisse servir, comme aussi le potager ; de la chambre du dessus la dite cuisine et grenier n'y ayant rien que le couvert, les cheminées toutes abattues, les fenestrages sans aucune porte ; en la dite cuisine a un aiguier sans aucune porte virant, gonds, ni esparres. De la sommes entrés dans une autre chambre appelée le four, le plancher et tralaison toute ruinée n'y ayant aucune haie ni travans ni même poutres ; aussi en une chambre qui souloit être sur le dit four n'y ayant rien que le couvert, le dit four en bon état tant le grand que le petit ; dans laquelle chambre souloit avoir des aisances qui sont murées, comme aussi un petit garde manger qui n'a aucune porte virant ; de la dite cuisine a une porte qui entre dans la dite cave par des degrés, la porte virant y étant appuyée sans esparres ni aisances. Puis sommes sortis de la dite cuisine par une porte étant du côté de bise a soir, qui n'a aucune porte virant, puis sommes montés par la viorbe qui est en assez bon état or qu'il y a deux escaliers rompus et fendus, laquelle viorbe n'est pas achevée. Du donjon de laquelle sommes entrés par une porte serrant a un loquet par derrière, puis par autre porte sommes entrés dans la grande salle qui est assez en bon état sauf les portes des croisées qui sont en partie brisées ; du côté de bise y a une petite antichambre séparée a un pareil dais allumé avec un larmier qui est du côté du matin de la dite antichambre, avec des aisances qui sont du côté de bise dans la muraille de la dite antichambre, la cheminée de la dite salle en assez bon état sauf que le gel est en partie tombé, la porte de la dite salle serrant a un loquet par derrière. Puis sommes entrés dans une autre chambre située du côté du soir avant de la dite salle par une porte qui n'a aucune porte virant et le plancher dessous de la dite chambre fort caduque et le dessus assez bon ; la cheminée a demi abattue, la croisée soit fenêtre sans porte virant. De la sommes entrés dans deux autres chambres toujours en tirant du côté du soir de la susdite ; les dites deux chambres séparées par un pareil dais en laquelle pareil manque deux haies ; les dites deux chambres en assez bon état hors les portes des fenêtres qui sont toutes rompues, et la tralaison de celle du côté de bise le plancher soit tralaison dessus a moitié enlevé, n'y ayant resté qu'environ la moitié, et sans aucune porte virant es portes, ni ferrures es fenêtres. Puis sommes revenus au donjon de la dite viorbe où il y a un cabinet a voste du côté du soir, serrant a une porte virant sans serrure, allumé du côté du soir par un larmier sans serrure, le blanc du dit cabinet tout abattu, ayant mouillé ; le pavillon soit couvert de la dite viorbe retenu sur des perches en danger de tomber. De la sommes montés par une échelle et sommes entrés au grenier sur la dite salle près du couvert, lequel couvert est tout retenu avec des perches soit appuis dessus le poutrement avec peu d'assurance, et le poutrement en pauvre état pour tenir du blé. Tout le couvert ayant été regouttoyé et refait en des endroits a neuf. Dans lesquelles chambres il n'y a aucun meuble de quelle sorte que ce soit. Dans l'enclos du dit chateau â la passe du jardin contenant environ la semaille d'un bichet de blé, une vigne de la contenu d'environ vingt fosserées avec des ermitures tout joint ensemble. Une citerne étant dans le roc, éloignee du dit château d'environ trente pas qui souloit serrer a la clef, n'ayant a présent aucune porte virant ni serrure. Item dépend du château environ huit setines de pré en trois parcelles, l'une appelée pré savoye, l'autre pré au relioux, l 'autre pré cottet. Item un bois appelé en pataroz, autre la chandella, et l'autre en crémant, et ratelier en plusieurs parcelles, avec un bois de chataîgners au dit crémant, et finalement la rente consistant. Et encore le dîme du vin du dit lieu, et le dime des blés des terres dernièrement abergées sous le servi de quatre mesures de froment et six mesures d'avoine.

[gallery ID=55]

En 1997, j'avais effectué une reconnaissance dans les ruines du châtelard de Lhuire, pour mon premier livre "histoire d'une commune du Bugey : Champdor".
Des travaux sur l'édifice étaient déjà en cours cette année là, voici les photos prises lors de ma visite...

[gallery ID=60]

Les maisons fortes de Cerdon

Le village de Cerdon est composée de nombreuses maisons et caves. Les textes anciens nomment souvent "château" toute maison sortant de l'ordinaire : manoir, maison forte, etc. peu les appellent avec le vrai terme.
Des familles nobles sont possessionnées à Cerdon comme les de ROUGEMONT, DESBORDES ou de BORDES, DUBREUL, de MOYRIA,  etc... Les de GRENAUD sur Boches, Mortarey..... juste au dessus.
De nombreux actes sont passés chez maître LAGUETTE de Cerdon. Ces familles sont souvent unis les de BORDES et de MONTILLET, les de GRENAUD et de MONTILLET, MOYRIA et DUBREUL, de MOYRIA et de GRENAUD.....
Un exemple d'acte trouvé : en 1671, Joseph de GRENAUD paie pour une recherche de source et la construction d'un puits sur Cerdon. Il y possède donc un bien qu'il habite.

1- La maison dite des Ducs de SAVOIE ou des Gabelous

La demeure présentée dans la galerie de photo se situe dans l'ancien Cerdon, au lieu-dit la Suisse, sur l'ancienne voie médiévale.
Elle est appelée la maison des Ducs de SAVOIE ou des gabelous.
Elle fut une maison seigneuriale, un relais de poste, une auberge, une école libre, et enfin la maison d'un particulier.
La maison "du Prince" fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 8 décembre 1950.

L'article des richesses touristiques du canton de Poncin la date du 15ème siècle. Une plaque de cheminée, martelée à la Révolution, serait ornée d'un animal et datée de 1522.
Une tour apparait nettement sur la façade de la maison, sûrement arasée à la période révolutionnaire, elle comporte un escalier.
Un cabinet de travail, une chapelle, salons voutés composent la demeure seigneuriale.

[gallery ID=51]

2- Le château de l'Isle ou maison forte de MONTILLET

Cette maison forte appelée "le château" dans les textes, existe plus telle que.
Nous ne savons que très peu de chose concernant cette demeure noble.

En 1682 une quittance est passée devant notaire par Mme de SACCONAY à monsieur de l'ISLE. Qui est donc ce personnage portant le nom du château ? Son nom sera connu lorsque j'aurais l'acte en question.

Puis elle apparait dans la famille de MONTILLET, issue de l'héritage de la famille de GRENAUD, après un très long procès entre héritiers à partir de 1741.
Suite à ce différent, des scellés de cire rouge ont été placés sur les serrures en 1741 de la maison (en plus de celles de Vieu, Rougemont, etc.). La pose nous renseigne : , un sous sol, 2 étages avec 3 portes par étage. L'officier est descendu à l'auberge au Lion d'Or à Cerdon.
Lors de la vente du domaine Vieu-en-Valromey le 12 juin 1795, la maison forte de Cerdon est estimée à 57.000 livres, soit environ 940 515,57 euros d'aujourd'hui.
En 1838 un inventaire est dressé lors du décès du baron Auguste de MONTILLET.
Comme sur le croquis de 1897, l'entrée se faisait coté village par une petite porte et une autre plus grande pour les carrosses et chevaux. Le bâtiment couvert comportait les écuries. Sous la maison forte se trouvait les caves, surmontées d'autres caves au rez de chaussée. Dans la galerie photo ci dessous les cartes postales avant guerre montrent bien la maison forte. Vous y verrez une photo avec un anneaux au sommet des escaliers. Il servait à monter les tonneaux dans la cave.
Au sous sol et rez de chaussée : une remise avec des cuves ; une écurie avec aussi des cuves ; deux tenaillers en face avec des cuves ; une cave avec des tonneaux, maconnaises, barils, etc. ; une deuxième cave contenant des tonneaux ; le tout avec 11800 litres de vins... Dans la maison : une cuisine avec un évier, un buffet, table, chaises,  divers ustensiles ; un cabinet attenant à la cuisine avec deux lits, une table... Une salle à manger jouxte la cuisine avec table, fauteuils et chaises, placards, une garde robe (un coffre). Sur le palier il se trouve un vestibule. 
Au premier étage, au dessus de la cuisine : une grande salle avec vue sur le village, une table de jeu en noyer,  des fauteuils,  des chaises, chandeliers, placard, une cheminée ; une chambre est à coté : un lit, une commode, un placard ; une autre chambre attenante avec vue sur Cerdon :  un lit, une commode, une cuvette et un vase de nuit ; jouxtant la grande salle un petit cabinet avec vue sur l'église : un lit, une table, un bureau...

Tout cela confirme le croquis de la maison daté de 1897 dans la galerie ci dessous. Cette maison fut détruite lors de la guerre par les allemands. Le 12 juillet 1944 ils firent exploser des grenades au phosphore à l'intérieur. La maison forte partit en fumée comme 52 maisons de Cerdon.
Les ruines furent rachetées par M. JEANTET, notaire de père en fils, qui déblaya les ruines et reconstruisit une maison sur les caves existantes. Merci à M. BESSON d'avoir pris contact avec M. et Mme DESBOIS, les propriétaires, qui nous ont permis de visiter. Ce fut une immense émotion car nous étions accompagnés de messieurs le comte et vicomte de MONTILLET de GRENAUD, descendants directs.

[gallery ID=75]

Une petite anecdote concernant la famille de MONTILLET de GRENAUD et Cerdon. Pour ceux qui connaissent le cimetière du village une tombe est en dehors de l'enceinte...
En effet, le comte voulait avoir une sépulture sur ses terres. La mairie ayant refusée, il trouva un subterfuge. La terre à coté lui appartenant, il fit refaire le mur du cimetière avec un décrochement et fit poser un portail donnant dans le cimetière. Sa sépulture était donc bien dans le cimetière mais sur ses terres !

Les châteaux de Labalme

Je tiens à remercier M. et Mme SAINT JULIEN pour leur gentillesse, leur aide et accompagnement aux ruines et tours se situant dans la propriété privée des Grottes de Cerdon.
Un remerciement également à la propriétaire de la tour de la Bâtie qui m'a permis de prendre des photos.

Le village de Labalme, autrefois écrit "La Balme-sur-Cerdon", est bien plus connu pour ses magnifiques grottes que pour ses châteaux en ruine.

Les seigneurs de La BALME sont propriétaires de la seigneurie du même nom dès le XIème siècle.
Samuel GUICHENON, historien et surtout généalogiste de l'Ain, dans son ouvrage paru avant 1646, donne les prénoms des sept enfants du couple Hugues de LA BALME et son épouse vivants début du XIIème siècle. Un seul s'engage dans les ordres, les autres construisent chacun leur château aux alentours de celui des parents.
Les châteaux se nomment Barrioz, la Bâtie, Longes, La Balme, la Verruquière, Picarderée, Saint Julien et Saleneuve.

Il est très difficile de trouver des documents les concernant, quelques uns dans PEINCEDE. Peut être trouverais-je plus dans les actes notariaux des familles propriétaires : actes de vente, partages après décès ou inventaires. je ne désespère pas...

Le baron RAVERAT dans les vallées du Bugey page 350 et suivantes, décrits les châteaux de La Balme sur Cerdon.

Les différentes cartes d'état-major, de l'IGN, etc. ne donnent pas les mêmes noms aux différentes tours, et de même dans le livre de Pascal DUBREUL sur le patrimoine de Cerdon.
Sur le plan ci dessous, quatre sont répertoriés. Il manque l'emplacement de la Vérruquière, de Picarderée et de Villeneuve dont les emplacements sont inconnus.
La maison forte de Boches est en ruine, et celle de Mortaray actuellement habitée.

Il est vraiment dommage de laisser ces vestiges se dégrader petit à petit et devenir des tas de pierres informes. Les particuliers ne peuvent pas entretenir ces vestiges sans aides des collectivités, du département, etc. Il serait temps de s'en occuper sérieusement. Ces tours ou châteaux sont notre patrimoine, notre Histoire.

Dans les rolles de 1299 Jean de MOREY a reçu en fief du comte de SAVOIE des revenus dans les territoires de Cerdon, Labalme, etc.
Obligation en 1387 du sire de THOIRE-VILLARS de reconnaitre tenir le fief de Barrioz et la ville de Cerdon en échange du château de Chatillon de Cornelle par Amée de SAVOIE.
En 1337, Marguerite de DORTAN et Guillaume de LA BALME prêtent pour sa maison forte de Labalme et celle de Cerdon.
Amet de LA BALME, chevalier, reconnait dans une lettre du 11 août 1348 que la punition des étrangers sur Cerdon est du ressort du sieur de THOIRE-VILLARS.
Humbert de THOIRE-VILLARS achète le château du Barrioz à Evrard et Eminet de MORNAY le 11 février 1317.
Le 07 septembre 1538 le duc de SAVOIE cède les seigneuries de Cerdon et Poncin à Charles de LA CHAMBRE avec clauses de rachat pour 7000 écus d'or.
Le duc donne en apanage les mêmes seigneuries à Jacques de SAVOIE, duc de Nemours le 07 août 1565, il rachète les terres le 18 septembre 1565.
Le 14 octobre 1574 nomination d'un juge pour Cerdon, Poncin, etc.
Lors de la première annexion, Henri IV exempta les habitants de toutes contributions par lettres patentes 22 novembre 1596.
En juin 1602  une reprise de fief et dénombrement a lieu pour le château de la Batie sur Cerdon, de  la seigneurie et château de Verrugnierry, etc.
Les deux filles héritières du duc de Nemours et Genevois payaient une rente au roi de France de 2597 Livres en 1659 pour les seigneuries détenues en Bugey.
Des lettres patentes du Charles Emmanuel de SAVOIE du 29 août 1659 confirme le retour à la couronne de Savoie si manque de descendants des deux filles Charles Amédée.
Une reprise de fief et dénombrement ont lieu le 30 décembre 1717 par Arthus Joseph de LA POYPE après son achat de la baronnie de Poncin et Cerdon pour 57 000 Livres.
Les chartreux de Portes achètent la baronnie de Poncin Cerdon le 03 octobre 1716 pour 38 500 livres au Duc de SAVOIE et font reprise de fief et dénombrement.
Le 18 avril 1769 Roch François Antoine de QUINSON fait reprise de fief pour Poncin, Cerdon, dont "la Balme sur Cerdon". Ce lot fait partie de sa dote lors de son mariage avec Anne Marie MOYRIA. C'est la seul fois où Labalme est cité en tant que tel.

Voici le plan de l'implantation des châteaux suivant l'inventaire qu'en fait dans son livre le baron RAVERAT. Le château de la Verruquière n'est pas placé par manque d'information.

Plan des ruines des quatre châteaux de Labalme

1-Le château du Barrioz

Barrioz signifie rocher en savoyard.

Les ruines du château de Barrioz se voit sur l'éperon rocheux au dessus du village. Il existe un chemin y pour monter. Je ne l'ai pas trouvé, j'ai donc grimpé la pente en pleine forêt. Je ne vous le conseille pas du tout, c'est raide, très accidenté au milieu des arbres et buis....

Ce château du coté Sud surplombe le vide, avec une superbe vue sur la vallée de Cerdon, Poncin, et bien plus loin.
Les cotés Nord et Ouest sont au raz de rochers d'environ 50 mètres et surplombent la forêt.
Un sentier arrive coté Est.
Apparemment en 1850 il ne restait qu'une tour.

Il ne reste que quelques murs remontés par des bénévoles, un puits rempli d'eau fermé par une grille.
J'en ai fait le tour pour prendre les photos.

[gallery ID=50]

2- Le château de La Balme

Ce château, construit au raz de la falaise surplombant la vallée de Cerdon, est la propriété de la famille de La BALME. La seigneurie possède toutes justices.
Resté dans la même famille jusqu'en 1581, le domaine passe par mariages à la famille de MARESTE, puis à celle de BUSSY.
A la Révolution la terre est en indivise entre les familles de MURAT, de MONTILLET et de QUINSON.
Il était déjà ruiné en 1800.
Lors de la vente de biens de la famille de MONTILLET, les terres de La Balme sont estimées à 13840 livres le 12 juin 1795, soit environ 228 363,78 euros.
Il ne reste à ce jour, que le pied d'une tour carrée, des morceaux de murs, un puits, des tas de pierres.
On distingue bien les emplacements des divers lieux, les vestiges de la ou d'une porte d'entrée et du chemin de "ronde" ou d'accès piéton.
La vue depuis le belvédère est magnifique sur la vallée de Cerdon.
Les ruines sont inaccessibles car situées dans la propriété privée des grottes de Cerdon, et en plus le terrain est accidenté, dangereux et donc non entretenu pour effectuer des visites en toute sécurité.

[gallery ID=52]

3- Le château de Labalme Saint Julien

Ce château est situé dans la propriété privée des grottes de Cerdon juste au dessus des bâtiments d'accueil. Il n'est pas accessible au public car des pierres tombent de la tour.
La tour principale, visible depuis le site, s'écroule sur elle même.
Lors de ma visite j'ai pris des photos du puits, des murs en pierres ruinés, de la tour et d'un fossé qui se termine au dessus des bâtiments de l'entrée.
Difficile de se faire une idée de l'étendue de la forteresse. Les propriétaires avaient défriché le site, mais tout est un éternel entretien, ce qui devient difficile. Il est sûrement aussi grand que celui de La Balme.
Cette seigneurie était possédée par la même famille de LA BALME du XIème siècle jusqu'environ 1400. Aynarde en fut dotée lors de son mariage avec Gui de LA PALUD.
Etienne de LA BALME fit construire le château fort vers 1150.
Puis par mariage le château arriva à la famille de BOUVENS en 1565.
Puis la famille de MONTILLET en prit possession.

[gallery ID=53]

4- Le château de la Bâtie

Il est dans une propriété privée située dans le village de Labalme.
Il reste des vestiges importants de murs, de la tour et du pont d'accès. Il est le mieux conservé des quatre châteaux.
La tour se voit très bien depuis le rocher de Saint Alban car la couleur de la pierre se détache dans la forêt.
Dans un mur le long de la rue de la Bâtie il se trouve une pierre de réemploi.
Je vous laisse découvrir les photos de ce château.

Cette baronnie avec château est détenue aussi par la famille de LA BALME jusqu'au milieu du 14ème.
Puis le sieur de TOLOJEON en prit possession en héritage de sa soeur.
Sa fille, Eléonore, en fut dotée pour son mariage avec Antoine de CHANDIEU, qui en fit hommage aux sires de THOIRE-VILLARS en 1373.
La famille ALLEMAND en fut seigneur, et après les de CHALANT dont Philibert la vendit en 1547 à Bertrand DU BREUIL.
La baronnie fut vendue début du XVIIIème à la famille de MONTFERRAND.
Celle ci arriva par mariage aux de VALERNOD avant 1775.
Les MURAT de MONTFERRAND en furent propriétaires également.

[gallery ID=54]

5- Le château de la Verruquière

En juin 1602 une reprise de fief et dénombrement a lieu pour le château de la Batie sur Cerdon, de la seigneurie et château de Verruquierry, ...  Est-ce le château de Verruquière ? Si cela est le cas il est indiqué "assis près le château de la dite Batie", donc tout à côté.
Dans la reprise de fief du 30 mars 1775 les seigneuries de La Batie et de la Verruquière (et non plus Verruquierry) sont nommées.

[gallery ID=56]

Le château de Cerdon tour de Carmier

Cette tour se trouve au sommet du mont Carmier, au dessus de l'église et du cimetière de Cerdon.
Il vous faut effectuer l'’ascension facile du Mont Carmier, où vous attend la vierge veillant sur le village, pour découvrir les vestiges d’une fortification du XIII° Siècle ; ou prendre la route montant sur la Balme et vous arrêter au panorama pour avoir une vue de la vallée de Cerdon.
Dans les divers actes relevés par PEINCEDE peu parlent du château de Cerdon,

La famille de Thoire-Villars en est propriétaire jusqu'à Humbert VII, le dernier sire de son nom, qui la vendit au comte de Savoie.
En 1305, d'après les rolles, le comte de SAVOIE inféode la terre à Jean de MORAY.
Le 08 avril 1308 Humbert de THOIRE vend aux chartreux de Meyriat la juridiction de Cerdon.
Le 10 avril 1331 Le sire de THOIRE émancipe son fils Humbert et lui donne les châteaux de Poncin, Loyes, Cerdon, Brion, etc.
En 1336 et 1337 plusieurs écuyers, seigneurs, damoiseaux, passent hommage : pour une maison forte par Josseron de la BAUME, une maison et des vignes pour Barthélémy de MOYRIA, Guillaume et Hugonnet de BREUIL pour sa maison, Guillaume et Jean de RUMILLION pour leur château et autres héritages.
Le moulin de Cerdon est baillé par le sire de VILLARS au sieur Jean de BREUIL pour 5 ans an 1355.
Par lettre du 01 août 1348 Amet de LA BALME reconnait que la punition des étrangers à Cerdon sont du ressort des sires de VILLARS. Ce dernier lui accorde le même jour ce même droit.
Le 03 mai 1385 Humbert seigneur de THOIRE-VILALRS reconnait tenir en fief les hommes judiciables de Cerdon.
Le duc de SAVOIE investit Perceval de MOYRIA la maison forte de Cerdon appelée Mogieux et ses dépendances, qu'il tient de feu le baron de VILLARS le 01 juin 1423.
En 1497, le duc Charles de Savoie le comprit dans le douaire de sa belle-mère, Claude de BROSSE, dite de Bretagne, qui en jouit jusqu'en 1513. Après elle, elle fit partie de la dot de Philiberte de Savoie, marquise de Gex, femme de Julian de Médicis, duc de Nemours. En 1524, elle fit retour au domaine ducal de Savoie.
Remise depuis à Charles de la Chambre le 07 septembre 1538, baron de Meximieux, elle lui fut retirée en 1565, et entra dans l'apanage de Jacques de Savoie, duc de Nemours.
Henri IV roi de France exempte les habitants de toutes contributions sur les terres du marquisat de Poncin dont dépend Cerdon le 22 novembre 1596.
Les trésoriers de France écrivent une ordonnance le 15 décembre 1601 autorisant le duc de SAVOIE à jouir des terres lui appartenant et payera la somme de 1265 livres pour les tailles..
La seigneurie est dénombrée le 21 mai 1602 sur des vignes, prés, etc. par Jean de GRENAUD, et le 03 juin de la même année Henry de SAVOIE effectue une reprise du fief.
Une reprise de fief a lieu le 26 novembre 1643 par Charles de SAVOIE, duc de Nemours.
Un arrêt de la chambre de Dijon en 1646 est rendu contre le duc de SAVOIE afin qu'il prête foi et hommage au roi de France.
Un nouveau dénombrement a lieu le 16 novembre 1654 par Louis Marin de MOYRIAT pour sa maison et fief de Cerdon.
Sa majesté fait don de la baronnie aux filles de fut le duc de Nemours en janvier 1659 et une reprise de fief se fait le 28 avril 1659.
Des lettres patentes de sa Majesté accordent à la veuve du duc de SAVOIE la rente sur les seigneuries de Poncin, Cerdon, Saint-Sorlin, etc. le 18 février 1659, confirmées par une déclaration de 1685.
Les prieurs de la Chartreuse de Portes achètent la baronnie de Poncin et Cerdon le 03 octobre 1716 pour 38000 livres.
Une reprise de fief et dénombrement ont lieu le 30 décembre 1717 et 23 juin 1718 de la baronnie de Poncin et Cerdon pour Artus Joseph de LA POYPE SAINT JULIEN. Baronnie qu'il vient d'acheter pour 57000 livres de principal et 2500 de rentes.
Nouvelle reprise de fief le 27 novembre 1722 et dénombrement en 1748 de la seigneurie de Maillat, y compris la tour de Moyriat située à Cerdon par Joseph Marie de MOYRIA.
Une reprise de fief a lieu le 18 avril 1769 après l'achat de la baronnie par Gaspard Roch Augustin de QUINSON par acte du 01 juin 1756. Cette famille en est toujours propriétaire à la Révolution.

Il faut savoir que les habitants de Cerdon devaient auparavant faire le guet et monter la garde au château de Poncin. Humbert III sire de THOIRE-VILLARS les en déchargea et les obligea seulement à faire le guet à la tour de Carmier.

[gallery ID=49]

Le château de Mérignat

Le château de Mérignat

Aujourd'hui il ne reste qu'une tour en ruine se dressant sur un piton dans la propriété privée de l'ancienne maison des demoiselles CHOPIN (cf. cadastre archives de l'Ain).
Je ne trouve aucun document dans PEINCEDE pouvant nous donner des renseignements sur sa superficie, sa forme, le nombre de tour....
Je m'appuie donc sur POMMEROL et Marie Claude GUIGUE, RAVERAT, GUICHENON,...
Je ne désespère pas de trouver au hasard des partages après décès ou inventaires un acte donnant de plus amples détails.

GUICHENON notre historien-généalogiste local, dans l'armorial de Bresse et Bugey, cite le village, hommes et seigneurie comme appartenant aux sires de THOIRE-VILLARS. Humbert IV vend la seigneurie en toute justice en 1302 à Humbert de CHATARD.Celui-ci s'engage à construire un château et maison forte qu'il remettrait au vendeur en temps de guerre pour s'en servir si besoin.
Humbert en laissa la propriété à Pierre de BUENC. Une reprise de fief à lieu en 1370. Sa fille en fut dotée lors de son mariage avec Jean de TENAY.
Leur fille l'apporta à son union à Antoine de MOYRIA en 1488. Cette seigneurie resta près de trois siècles dans la famille.
Le 26 juillet 1734 Louis François JULIEN en fait reprise de fief par son acquisition de Claude Chrisante de MOYRIA marié TROLLIER Anne.
Sa veuve Marie Anne de GRENAUD se remarie et apporte en dote la seigneurie à Pierre Antoine ROBIN d'APREMONT.
Ils en étaient toujours propriétaire en 1789.
La seigneurie dépendait de la curialité de Chatillon de Corneille.

Dans les titres de la Tour des Echelles de Jujurieux, sieur de VOGES est vice châtelain de Mérignat en 1581. Dans ces mêmes titres, nous apprenons qu'en 1522 MANGIER Pierre est curial de la seigneurie.

Le Baron Achille RAVERAT décrit ainsi Mérignat en 1867 :
... Là, au milieu des vignes, surgissait un noble manoir du Moyen-Age. Il fut édifié en 1302 par Humbert de Chatard, damoi­seau, qui avait acquis le village de Mérigniat du sire de Thoire-Villars, Humbert V, lequel lui inféoda ce fief, avec la justice, sous la condition d'y faire bâtir un château qu'il remettrait à son suzerain, en temps de guerre, pour s'en servir, le besoin échéant.... Quatre grosses tours carrées, saillantes, fortement renflées à leur base, reliées entre elles par d'épaisses courtines, et disposées en quadrilatère régulier, des fossés tout autour, une seule entrée à pont-levis, auprès de laquelle on arrivait par une longue et étroite levée de terre, voilà le plan général de ce manoir, plan qu'il nous a été facile de restituer, d'après les vestiges gisant dans l'intérieur et aux alentours du terre-plein sur lequel il trônait en sou­verain. Tout a disparait sous le coup de ces révolu­tions qui n'ont que trop souvent ravagé la contrée. D'énormes protubérances et de longs talus recou­verts de gazon et de broussailles indiquent l'empla­cement des tours et des courtines. Seule, la tour du sud-ouest élève encore dans l'espace deux immenses pans de muraille, qui semblent là comme une malé­diction vivante contre les sauvages cohortes de Vergy et de Biron, en même temps qu'une protestation énergique contre M. le maire de Mérigniat qui, par mesure de prévoyance et de précaution, veut faire procéder à leur démolition complète pour cause de sûreté publique... Et, il faut bien l'avouer, cette ruine, l'ornement de Mérigniat qui, sans elle, ne serait qu'un vulgaire coteau de vignes, menace de s'écrouler sur l'artiste qui vient la visiter, et sur les vignerons qui travail­lent aux alentours. Chaque orage enlève une pierre de son sommet qui s'ébrèche de plus en plus. Sa hauteur, encore de trois étages, est divisée par un cordon arrondi qui court dans toute sa longueur. Semblables à d'énormes yeux, deux fenêtres s'ou­vrent dans l'épaisseur du mur; leur profonde embra­sure est occupée par deux bancs de pierre où s'as­seyaient jadis nobles chevaliers et belles châtelaines, et où viennent aujourd'hui nicher les chouettes ou les corbeaux.

Je vous conseille le site Rhône Médiéval parcourant les châteaux situés le long du Rhône et dans le voisinage immédiat comme l'Ain. Bravo pour le travail de ces deux passionnés.
Le plan relevé en 1978 du château de Mérignat est paru dans le dictionnaire des châteaux et fortifications du moyen-âge en France, C-L Salch, Editions Publitotal.

[gallery ID=47]

Le château de Malix

La maison forte de Malix

Malix est un hameau situé au-dessus de Tenay, surplombant la vallée de l’Albarine.
Les historiens ou généalogistes connaissent son nom par l’étude de la famille TROCU connue dès 1588. Pierre TROCUT, le premier cité avant 1600, est conseiller du roi, élu en élection du Bugey.

En effet, cette famille se forgea une destinée vers la noblesse du Bugey et de l’Ain.
Ils prirent les patronymes de : TROCU de MALIX, TROCU de la CROZE, TROCU d’ARGIS, TROCU de GRANGENEUVE, TROCU  de LA TOUR, en fonction des seigneuries ou fiefs. Il existe également une famille TROCU de COUTAILLOUX sur Mornay au 17ème siècle. J’avoue n’avoir pas réussi à savoir si c’est une branche des TROCU de MALIX ou pas.
Une autre famille TROCU habite Montréal-la-cluse, Joseph, né vers 1650, est conseiller du roi et siège à Belley, son père est apothicaire à Nantua mais est originaire de Ruffieux en Savoie....
Un François TROCUT est cité marchand à Lacoux au début 18ème, marié sur Cerdon avec MOYRET Jeanne Baptiste, d'où des naissancesentre 1714 et 1730 sur Lacoux.
Pierre TROCU receveur des tailles en Bugey, mort en 1667 sur Argis, donne la maison de la Bizette pour loger les prêtres en paiement d'une messe annuelle. Il a été enseveli dans la chapelle Saint Jean-Baptiste à Tenay. Ils auront presque tous les titres, seigneur de la Croze, Baron de Saint Christophe, Marquis de Saint-Rambert-en-Bugey.
Une petite anecdote concernant cette famille. Hélène TROCU de MALIX (1760-1832) épouse de MONTLUZIN Jean Baptiste (1742-1820). Elle est la grand-mère de marie Victor de VALENCE de la MINARDIERE, dont la femme (43 ans) et ses deux filles (17 et 20 ans) décèderont dans le tragique incendie du Bazar de la Charité à Paris le 04 mai 1897.

Les TROCU possédaient la maison forte à Malix, également depuis le début du 17ème siècle le château d’Argis dont il ne reste aucun vestige aujourd'hui.
Le château de Malix est à l'entrée du village en venant de Tenay. Elle aurait été construite en 1480. La tour possède l'escalier menant aux étages de ma maison d'habitation.

Je ne trouve que très peu de documents concernant ce château, même si j'ai établie la généalogie complète des TROCU, en consultant les archives des notaires, tant dans l'Ain que dans le Rhône. J'aimerais trouver les inventaires après décès.... afin d'en faire le plan comme pour le château de Champdor.

[gallery ID=46]

Le château de CONFLANS

Le château de CONFLANS

Le château de Conflans se trouve près de Thoirette et au confluent de la Valouse et de l’Ain.

Cette ancienne seigneurie en toutes justices est installée sur un mamelon. Il aurait été construit au XIIIe siècle par Renaud de BOURGOGNE ou par la famille de THOIRE (les avis divergent), sur un lieu de passage et de péage. Il fut poste frontière entre la Franche Comté et le duché de Savoie.

En 1400 la famille THOIRE-VILLARS possède de très nombreux biens.
La maison forte fut inféodée aux de BUGNET, qui la vendit en 1296, au de CHAMBUT.
En 1475, les héritiers vendirent la seigneurie avec clause de rachat, l’engagèrent de nouveau en 1540 à Antoine de DORTAN, puis la récupérèrent.

C’est à partir de 1547 que la famille de MALYVERT en devint propriétaire jusqu’à la Révolution française.
Philibert de MALYVERT, écuyer, déclare posséder du Duc de SAVOIE son château de Conflans, en 1563.
Gaspard de MALYVERT fait reprise de fief et dénombrement du fief, le 05 juin 1602, la seigneurie comprend toutes justices, droit de pêche dans la rivière d’Ain.
Claude Antoine, héritier de son père Gaspard, reprend la seigneurie le 08 août 1646 à la frontière du Bugey et de la Franche Comté.
Le 15 janvier 1676, Yacinthe de MILIVER (sic) reprend et dénombre le fief en tant qu’héritier universel de son père.

On trouve très peu de documents concernant cette seigneurie et le château.

[gallery ID=43]

Le château de COISELET

Le château de COISELET

Il est situé sur la commune de Matafelon-Granges, hameau du même nom.

Il s'agit d'une ancienne maison forte, en toutes justices, de pur et franc-alleu, sans fief, ni arrière fief, élevée au début du XIV? siècle, par Pierre ALEMAN, l'une des grandes maisons du Bugey. Ce fief passa à ses enfants. Mais le château fort se détériore car les anciens seigneurs n’y vivent plus.
Guillaume et Jean ALEMAN, fils de Pierre ALEMAN, chevalier, se reconnaitre, le 28 novembre 1370, hommes-liges du sire de THOIRE-VILLARS, pour cette terre.
Philiberte ALEMAN, dame d'Arbent, de Mornay et de Coiselet, dernière du nom, porte Coiselet avec ses autres terres à Jacques de CHALANT, chevalier, qui fut un temps seigneur de Coiselet. Au décès de son époux, Philiberte vend, par contrat du 25 mai 1517, Coiselet, alors qualifié de maison forte, à Barthélemy et Philippes de FORCRAND, frères, écuyers, seigneurs d'Arromas, Cette aliénation faite en faveur des FORCRAND, est ratifié par Claude de CHALANT, seigneur d'Arbent et de Mornay (Nurieux-Volognat), fils et héritier de Philiberte par titre du 9 novembre 1518.
Le 03 juin 1602 Antoine de FORCRAND fait reprise de fief.
Le 15 avril 1666 Claude de FORCRAND fait reprise de fief et dénombrement.
Après le partage des biens que détenaient en indivis Barthélemy et Philippe de FORCRAND, la seigneurie de Coiselet reste à ce dernier qui la transmet à ses descendants jusqu'à nos jours.

Remanié au fil des siècles, le château a été restauré en 1880 puis en 1961. Il a conservé son allure massive et des éléments défensifs (échauguette, entrée fortifiée). Des tours et le donjon hauts de plusieurs niveaux forment une cour intérieure.

Cette propriété privée de la même famille de FORCRAND est inscrite à l'Inventaire des Monuments Historiques en 1983.
La famille de FORCRAND porte "d'azur à un lion d'or, au chef d'argent", avec comme devise "In armis et toga" (dans les bras et la robe).

[gallery ID=42]

Le château de MATAFELON

Le château de Matafelon

Son histoire est retracée par l'étude du recueil de PEINCEDE qui a établi la liste des titres.
Toutefois, il est difficile de faire la différence avec les titres du château de Coiselet situé, lui aussi, sur la commune de Matafelon-Granges, mais toujours "debout" et habité.
Le dessin ci dessous est une œuvre détenue par M. le Comte de MONTILLET de GRENAUD, que je remercie infiniment pour sa gentillesse.

Ce château est déjà présent sur la commune le 26 février 1284, date de l’émancipation Humbert de VILLARD par Humbert son père.
Girard de MATAFELON, Jean, Humbert de MATAFELON fils de feu Evrard de MATAFELON rendent hommage en 1322 pour leurs maisons et autres choses qu’ils possèdent dans le village. Une Philippe de MATAFELON épouse de MOYRIA y possède aussi des biens
En 1350 Humbert et Jean du PLANET rendent hommages pour leur fief de Matafelon.
En 1357 c’est Etienne fils de Pierre GIBAUD qui rend hommage pour Matafelon.
Le 18 septembre 1381 Humbert seigneur de VILLARD fait donation de la troisième partie de Matafelon en plus des deux autres parties qu’il possède déjà à Henry de MATAFELON.
Un arrêt du parlement de Dôle en 1401 confisque les châteaux de Matafelon, Montréal, Arbent, Brion, de la Valière et de la Batie au duc de Savoie sur le sire de VILLARD et le maréchal de Bourgogne Jean de VERGY demeurera en garnison de novembre 1401 à novembre 1402.
Le 09 avril 1402 un inventaire et deux arrêts sont rendus pour contraindre les vassaux tenants fiefs dans la seigneurie de Montréal. Cela fait suite à l’échange entre les ducs de Bourgogne et de Savoie concernant cette seigneurie.
Le 24 avril 1414 Marguerite duchesse de Bourgogne approuve le traité entre les gens du duc de Bourgogne et les gens du comte de Savoie, traité par lequel il est convenu que le duc de Bourgogne donne Montréal, Arbent, Matafelon, Apremont, St Martin du Fresne et la garde de Nantua, les quels appartenaient au sire de THOIRE et VILLARS pour le prix de 26 000 livres. Ordre est donné de donné les lieux au 07 septembre 1414. Les seigneurs doivent rendre hommage à Georges de MONTFALCON député du duc Charles de SAVOIE.
Le 19 septembre 1414, Amédée VIII nomme André de MOYRIA châtelain du lieu. A cette date, la défense du château comporte des bombardes qui peuvent envoyer des pierres de 9 livres (4kg500).
Le terrier de 1419 nous apprend qu’un moulin en ruine se situe sous le pont de Matafelon, un autre moulin appartient aux enfants d’Henry de MATAFELON.
Les habitants de Matafelon passent reconnaissance devant le comte de Savoie pour ce qu’ils possèdent en prés, bois, pâturages, montagnes.
Entre 1421 et 1423, une dépense est effectuée pour la construction d'une échiffe (gueritte) sur les remparts du château. Une redevance est demandé par le comte de Savoie pour la construction du château de Montréal.
Mai 1458 le comte de Savoie nomme Georges de CHATEAUVIEUX comme châtelain du lieu.
Sur le terrier de 1473 tenu par Sébastien GROS, nous apprenons que les héritiers de Guille de ROUGEMONT et sa femme tiennent le four de Matafelon en fief du duc ; le péage et port de Thoiry font partis de la seigneurie ; le lieu de « Bars » a été déserté par la mortalité ; M. de VILLARS paye à M. Pierre ALAMAND 2 florins par an ; la rivière Ain appartient au duc depuis le lieu de Butavant jusqu’à Bolozon. Perceval de MOISSARD de MATAFELON seigneur du Planet y détient la maison forte et des biens venus de noble Jean son père ; noble et puissant Guibert de MATAFELON seigneur de Martignat, fils de Perceval, pour des biens tenus de son père Claude ; noble Jean de BUSSY pour des servis tenus en fief ; idem pour noble Antoine de MATAFELON seigneur de Martignat, Lisle et Montelier…...
Le 19 février 1483 les habitants prêtent serment devant Georges de MONTFALCON commissaire du duc de Savoie.
Le 25 septembre 1495 Humbert comte de Genevois, fils d’Humbert seigneur de THOIRE-VILLARS reprend le château de Matafelon pour 6000 florins d’or au sieur Jean d’ECHALLON suite à la vente avec clause de rachat.
Le terrier de 1505 tenu par Etienne CLERC apporte une précision intéressante. Antoine MOISSARD de MATAFELON, seigneur du Planet, fils de feu Perceval, passe reconnaissance pour sa maison forte, tour et maison basse détenues à Matafelon. Plusieurs nobles ou bourgeois y possèdent des biens ou servis.
Les terriers de 1563 et 1572 stipule que noble SEYTURIER et noble RUBAT possèdent des rentes nobles à Matafelon.
Le 22 décembre 1577 vente et inféodation de la seigneurie de Matafelon à Jean de MONTFALCON, seigneur et baron de Flaxieu sur Claude de VILLETTE, dont le père était seigneur de Matafelon.
Lettres patentes de 1619 et 1621 portant don à François MORELET, secrétaire ordinaire du roi, des loads, rentes et droits seigneuriaux sur la terre et maison de Matafelon.
Le 11 décembre 1621 François TOCQUET, sieur de Montgeffon, Lisle et Apremont passe reprise de fief et dénombrement. La justice s’étend sur 20 villages alentours. La seigneurie a été donnée en l’an 1642 à Claude de TOCQUET. Ce dernier achète la seigneurie de Meximieux avec tout ce qui en dépend le 02 mars 1650 devant notaire à Besançon. Il fait reprise de fief et dénombrement le 28 novembre 1654 pour avoir reçu l’hoirie en héritage de son père.
Reprise de fief et dénombrement le 29 novembre 1683par Louis de MONTGEFFON à cause de sa dot reçue pour son mariage le 14 février 1679 par Claude son père.
1681 Claude de TOCQUET produit les titres prouvant que la seigneurie de Meximieux provient de du domaine royal et que Matafelon provient des ducs de Savoie depuis plus de cent ans dans sa famille. En 1685 Enemond Louis de TOCQUET plaide également avec les titres de vente et rachat de 1571 en sa faveur et celui de 1575 la prévalue de vente faite par Jean de MONTFALCON sur Claude de VILLETTE, la vérification du 16 février 1676.
Le 28 juillet 1705 François Edmond de TOCQUET fait reprise de fief suite à la donation faite par son père par contrat du 20 juillet 1704 pour son mariage.
La reprise de fief et dénombrement du 10 juillet 1748 est au nom de Claude Charles comte de VARENNES, baron de Saint Olive et autres places. Il a reçu la terre par son contrat de mariage avec Antoinette Alexandre fille de Jean Joseph de SEYTURIER le 20 avril 1747.
Le 09 janvier 1762, Claude REYDELLET est cité greffier des terres de la seigneurie de Matafelon dans le procès de MONTILLET.
Marie Claude GUIGUE écrit que les de TOCQUET sont encore propriétaire à la Révolution Française et que le château est ruiné et qu'au 17ème sicle il ne restait qu'une tour.

[gallery ID=41]

Le château de TORCIEU

Le château de TORCIEU

Le village de Torcieu, situé entre Saint Rambert en Bugey et Ambérieu en Bugey, est mentionné depuis 948.
Les titres concernant la seigneurie sont rares....
Isabelle de MONTFERRAND vivante en 1222, soeur de Berloin de MONTFERRAND, est propriétaire du château de Torcieu.
Philippe, fils de Michel de MONTFERRAND passe reconnaissance le 14 février 1288 auprès de comte Amédé de Savoie pour sa maison forte de Montferrand et tout ce qu'il possède dans le mandement.
Vers 1300, Aynard de FETANS est seigneur d'une partie de Montferrand et Torcieu, marié deux fois il n'eut que cinq filles.
Une reconnaissance en faveur d'Antoine seigneur de MONTFERRAND date de 1392.
En 1493, François fils de Claude de MONTFERRAND est cité seigneur du lieu.
Le tiers de la seigneurie appartenant à Michel d'AYMANIGUE, fut vendu par ses enfants le 25 février 1462.
Le 08 mai 1490, Jacques de CLERMONT vend la seigneurie de Montferrand en toute justice à Benoit de MONTFERRAND, évêque de Lausanne, tuteur de François de  MONTFERRAND, son neveu.
André de VAREMBON vendit le 14 août 1563 la seigneurie de la Thuillière ou de la Thuilerie à Torcieu à Charles de LUCINGE seigneur des Allymes, époux de Anne de LYOBARD. Cette portion fut revendue à Claude de MONTFERRAND.
Au début du 17ème siècle les terres de Torcieu et Montferrand sont la propriété pleine et entière de Claude de MONTFERRAND.
Une reprise de fief a lieu le 18 mai 1602 par noble Jean de MONTFERRAND. Des affranchissements se retrouvent dans PEINCEDE en 1640, 1649, 1669, etc.
Charles Amédée de MONTFERRAND fait dénombrement et reprise de fief le 13 février et 20 décembre 1727, suite à un traité signé devant notaire avec son frère Pierre Joseph.
Le 4 juillet 1759 Victor de MURAT épouse Marie de VALERNOD, fille de haut et puissant messire Hugues Joseph de VALERNOD et de haute et puissante dame Louise de MONTFERRAND,  premier président et lieutenant général en la sénéchaussée de Valence et seigneur de Torcieu, Montferrand, Lagnieu, Chateau Gaillard, etc...
Louise de MONTFERRAND héritière universelle de Charles François Amédée de MONTFERRAND, épouse Hugues Joseph de VALERNOD fait reprise de fief le 08 août 1766 et 4 août 1768 pour Martignat, Montferrand, etc.

[gallery ID=40]

Le château de SANDRANS

Le château de SANDRANS

Le village est situé au coeur de la Dombes.
La poype et son château en toutes justices sont connus depuis le 14ème siècle. Les titres de reconnaissances et hommages pour cette baronnies existent à la chambre des comptes de Dijon.
En 1327 le seigneur de VILLARS prête hommage au nom de la veuve de Jean de SAINT TRIVIERS. Le comte de VILLARS rend hommage encore en 1347, 1359. Le 13 avril 1357 Sybille de LA PALUD rend hommage au sire de VILLARS pour son château de Sandrans. En 1366 et 1369 Jean de LA PALUD rend hommage au même pour son château de la poype de Sandrans. En 1368 c'est Hugues de LA PALUD qui rend hommage.
En 1373 Jean de SAINT TRIVIERS rend hommage à Humbert sire de THOIRE-VILLARS pour son château de Sandrans.
Le 14 juillet 1377, Hugues, son fils, rend hommage à Amé de SAVOIE dit le comte Vert dont il a reçu le château par lettre du 14 juillet 1375. Il se maria avec Jeanne de BEAUJEU.
En 1449 le duc de SAVOIE se garde l'hommage de la poype de Richemont à Sandrans, appartenant au de VARAX et donne le reste au sieur Philippe de LEVIS.
En 1456 Jacquemette de SEYSSEL épouse de Guillaume de SAINT TRIVIERS, fils de Hugues, rend hommage pour ses terres et dépendances.
En 1550 Antoine de CHASTILLON fait reprise de fief pour Sandrans.
Un dénombrement la baronnie de Sandrans a lieu le 21 novembre 1602 pour Emmanuel Philibert de LA BAUME, consistant en un château avec toutes justices et les seigneuries de "la Bosse et Bostruy".
Monsieur de LA BAUME, comte de Saint Amour, vend la baronnie de Sandrans le 08 février 1672 au sieur CHARRIER de la ROCHE.
Jean CHARTIER baron de Sandrans, affranchit la fille d'un bourgeois de Bourg-en-Bresse le 22 décembre 1680.
Les 14 mai 1685 et 6 novembre 1686 Laurent de CORDON fait reprise de fief et dénombrement de la baronnie. Il vient d'acheter la seigneurie à Jean CHARRIER par contrat du 14 avril 1684 pour 84 000 livres. Les mêmes actes sont réalisés lors de la donation de la baronnie par Laurent de CORDON à son neveu autre Laurent de CORDON le 23 mai 1687. Le sceau de famille est apposé à l'acte : d'argent à trois chardons d'or. Idem le 29 janvier 1688 et 9 janvier 1699 par le même Laurent. Mme Marie Henriette HARDY de LA FAY de LA TROUSSE, veuve de Jacques Claude LA PALUD fait reprise de fief et dénombrement de Sandrans.
Le fils de Laurent, Gaspard de CORDON fait reprise de fief et dénombrement les 20 et 25 mai 1707 car il a reçu la baronnie lors de son mariage par contrat du 3 mars 1702, après le décès de son père le 09 février 1705. Puis Jean de CORDON le 21 avril 1733 et le 23 mai 1758 car il a reçu la baronnie par son grand oncle Laurent.
Le 25 mai 1739 c'est Jacques Gaspard de CORDON qui fait reprise de fief. Joseph de CARDON hérite de son père et fait reprise de fief et dénombrement le 22 avril 1773 de la seigneurie de Sandrans, anciennement baronnie.
Le dernier acte d'état-civil concernant cette famille sur Sandrans est un décès en 1808. A cette date Sandrans, les domaines de Flageolet, Malpertuis et Grammont sont vendus par Mme d'ANDELIN veuve de Joseph de CARDON de SANDRANS, elle garde sa maison de Chatillon-en-Dombes. Une partie de la vente et son portrait présents dans la galerie sont issues de la série 15J1.
Ils habitaient au château de Saint Sorlin-en-Bugey. Puis la famille fut partagée entre Lyon, Dracy-le-Fort et Paris. Les descendants actuels exploitent des vignes et le domaine de CARDON, vins de Bourgogne.

La série J des archives de l'Ain possède 4 cartons déposés par la famille de CARDON. On y trouve de la correspondance, des photos et dessins, de la généalogie, des faire-parts, etc. Les deux dessins "des restes du château de Sandrans en 1876" et les armoiries sont issus des archives de la famille de CARDON de SANDRANS en série 15J1.

[gallery ID=39]

Le château de CHENAVEL

Le château de CHENAVEL

Ce château fort du 14ème siècle est situé au nord du village du même nom, commune de Jujurieux.
C'est une baronnie du territoire des THOIRE-VILLARS. Le 05 octobre 1342 le seigneur de THOIRE-VILLARS inféode la seigneurie en toutes justices à Pierre de BUENC qui lui rend hommage. La famille garda les terres pendant plus d'un siècle, puis par manque de descendance mâle, elle passe aux de MOYRIA, aux DU BREUL, de CHALLANT, de BORDES.
la terre est érigée en baronnie en 1570.
Le 14 octobre 1571 le duc de SAVOIE inféode par Lettres Patentes à perpétuité la terre de Chenavel au duc de NEMOURS. Terre qui lui revient et qu'il inféode à Claude de LACOUZ et son neveu René en juin 1602.
Le 20 mars 1643 Prosper de LYOBARD, écuyer, devient propriétaire par échange avec François JALLIER, puis la revend en juin 1651 à François de REYDELLET.
La baronnie est revendue le 16 juillet 1655 à Claude MICHON pour 35.000 livres, qui en fait une reprise de fief et dénombrement le 26 janvier 1657.
L'intendant de Bourgogne juge et impose taxe à Pierre MICHON seigneur de Chenavel pour ses terres le long de la rivière d'Ain.
Marguerite MICHON vend la seigneurie le 23 octobre 1790 à Etienne Joseph LOUVAT de CHAMPOLLON. Victor LOUVAT de CHAMPOLLON y habite en 1820.
En 1833, le marquis Louis Marie Pantaléon COSTA de BEAUREGARD vend le château à la famille de LORMET.
Il sera vendu en 1844 à Claude Joseph BONNET, industriel soyeux de Jujurieux. Il réhabilite le château et en fait un pensionnat pour jeunes filles.
La famille COTTIN, héritière, propriétaire loue le château avant de le récupérer.
En 1942 il sert au chantier de Jeunesse. En 1949 les COTTIN donne le château à une association.
Un incendie détruit l'aile nord en 2005.
Acheté en début 2022, les propriétaires ont lancé de nouveaux travaux.

En face, complètement ruinées, se trouvaient les écuries...

[gallery ID=38]

Page 2 sur 3

  • 1
  • 2
  • 3